La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a considéré mardi soir que les entreprises helvétiques doivent, en ces temps de crise, «engager des personnes bien intégrées sur le marché suisse du travail». Elle a fait cette déclaration dans le cadre d’un débat télévisé sur la TSR concernant les relations entre la Suisse et l’Union européenne (émission «Infrarouge»).

Il faut, d’une part, donner la préférence aux personnes résidant en Suisse (étrangers établis ou indigènes plutôt qu’étrangers bénéficiant de la libre circulation), et d’autre part renforcer les mesures contre le dumping social dans le cadre de la libre circulation des personnes avec l’UE, a déclaré Mme Calmy-Fey dans le cadre de l’émission «Infrarouge».

Le conseil fédéral a déjà annoncé le 4 novembre dernier un renforcement des contrôles aux frontières l’an prochain.

Les ravages du chômage

Vendredi dernier, Serge Gaillard, chef de la division du marché du travail au Secrétariat d’Etat pour l’économie (SECO), avait exhorté les entreprises helvétiques à engager plus de travailleurs en Suisse même.

L’immigration et le chômage doivent être évoqués lors de la session d’hiver des Chambres fédérales, qui vient de débuter. L’UDC va revenir sur la libre-circulation des personnes, pourtant acceptée par le peuple, a annoncé mardi l’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher. L’immigration et la libre circulation sont responsables de la hausse du chômage, estime-t-il.

Mardi toujours, les élus UDC se sont attaqués à la libre circulation, annonçant vouloir déposer une motion demandant sa résiliation et une nouvelle négociation avec l’UE. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, ils menacent de lancer une initiative populaire, a indiqué M. Blocher.

A la fin octobre, 158’000 personnes étaient sans emploi en Suisse, soit 4% de la population active. Le SECO estime que le taux de chômage devrait grimper jusqu’à 5% l’année prochaine.