Le moins que l'on puisse dire, c'est que le projet architectural choisi pour le nouveau musée à Bellerive ne fait pas l'unanimité auprès du public. Qualifié tantôt de «bunker», tantôt de «boîte à chaussures», le bâtiment des architectes zurichois Raphael Kräutler et Maurice Berrel devra corriger son image pour mieux convaincre.

Sans attendre la votation du crédit d'étude qui permettra justement aux architectes d'affiner leur projet, l'Etat de Vaud a demandé à la plasticienne Carmen Perrin de travailler sur les façades du musée, afin de casser l'aspect monolithe qu'on lui connaît.

L'artiste helvético-bolivienne travaille depuis plus de vingt ans en résonance avec l'architecture. Non pas pour la décorer, mais pour faire interagir un art avec un autre. Ainsi, Carmen Perrin a imaginé pour l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg une sculpture de neuf mètres de long, un bloc de marbre qu'elle a installé dans le hall de l'école et qui joue avec la lumière de la même manière que le bâtiment.

Pour le Musée de Bellerive, Carmen Perrin imagine des lignes horizontales courant sur toutes les façades, et rappelant l'horizontalité du lac au pied du bâtiment. Le matériau, recouvrant le béton, devrait être capable de refléter la lumière du ciel et celle de l'eau. Et de donner un aspect plus fluide aux façades.

La plasticienne a déjà rencontré à plusieurs reprises les architectes vainqueurs du concours international. Elle imagine le développement du projet de concert avec eux. Mais l'Etat de Vaud estime qu'il est prématuré de montrer des images de leur travail en cours d'élaboration.