Après avoir commenté les résultats du rapport sur les NEM, Christoph Blocher a rappelé mardi certaines de ses intentions en matière d'asile. Pour lui, les «vrais réfugiés» – actuellement environ 7% de l'effectif total des demandeurs d'asile – doivent être mieux intégrés. «Seuls 23% de ceux en âge de travailler ont un travail. Nous devons remédier à cela, par exemple en proposant plus de cours de langue», a-t-il insisté. Et qui dit mieux intégrer les vrais réfugiés et protéger les 29% au bénéfice d'une admission provisoire, dit veiller à expulser plus rapidement tous les autres, grâce à la révision de la loi sur l'asile. Il espère à terme des économies de l'ordre de 200 millions de francs pour la Confédération, de presque autant pour les cantons.

Christoph Blocher veut sérieusement s'attaquer aux requérants sans papiers qui, «s'ils s'ont acceptés, sont ensuite difficiles à renvoyer». Mais tant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) que l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) s'insurgent contre la possibilité de frapper de non-entrée en matière les personnes incapables de présenter des papiers d'identité ou de voyage dans les 48 heures: la plupart des individus réellement persécutés ne sont pas en possession de tels documents. «70% des réfugiés que nous avons reconnus avaient des papiers», rétorque Christoph Blocher.

Sur la question des rapatriements, Eduard Gnesa, patron de l'ODM, a notamment évoqué l'intention de collaborer davantage avec lespays d'origine des requérants, «pas forcément sous la forme d'accords de réadmission».