Les hooligans n'ont qu'à bien se tenir. Ils seront à l'avenir enregistrés dans une banque de données et le Conseil fédéral vient d'adopter des mesures préventives supplémentaires. Christoph Blocher les a détaillées mercredi. Elles sont indispensables au bon déroulement de l'Euro2008 de football qui se tiendra en Suisse et en Autriche, a-t-il insisté.

Première mesure: pouvoir interdire à tout hooligan de pénétrer dans un périmètre déterminé. Le chef du Département de justice et police a également évoqué la possibilité d'interdire à des fauteurs de troubles de se rendre à l'étranger pour un match, interdiction qui ne figurerait pas noir sur blanc dans le passeport mais qui serait indiquée aux autorités douanières. La dernière mesure, celle à appliquer en «ultima ratio», est la plus sensible, concède Jean-Luc Vez. Il s'agit de mettre les plus récalcitrants en garde à vue pendant 24 heures maximum. «Cette mesure est tout à fait conforme avec la Convention européenne des droits de l'homme. D'ailleurs, il s'agira plus souvent d'une garde à vue d'environ huit heures: quelques heures avant, pendant et après un match», s'empresse d'ajouter le chef de l'Office fédéral de la police.

Seule la banque de données sera définitivement ancrée dans la loi fédérale qui institue des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure, transmise mercredi au parlement: le Conseil fédéral clarifiera en temps utile si les autres mesures peuvent être intégrées dans le droit fédéral ou doivent être reléguées au niveau du droit cantonal. Les polices étrangères n'auront pas libre accès à la banque de données. Et la participation de la Suisse à l'espace Schengen dès 2007 n'y changera rien.

Tout l'arsenal s'appliquera aux hooligans dès l'âge de 12 ans. Sauf la garde à vue qui ne doit toucher que ceux de plus de 15 ans. Environ 400 personnes sont actuellement interdites de stades. 600 autres recourent régulièrement à la violence lors de matchs.