La trentaine de requérants d’asile – pour la plupart déboutés de leur demande – viennent de lever leur occupation du bâtiment des arts du Grütli. Ils ont accepté de déménager à la salle du Faubourg, dans le quartier de Saint-Gervais sur proposition de la Ville de Genève. Une convention liant la Ville aux requérants devrait régler les modalités de cet hébergement temporaire, qui perdurera jusqu’au 15 août. Soutenu par un collectif, les migrants s’opposaient à leur transfert vers l’abri PC de la Gabelle à Carouge.

L’Eglise catholique romaine a donc finalement refusé de mettre l’un de ses édifices (le Sacré-Cœur à Plainpalais) à disposition des requérants d’asile. Approché vendredi par le médiateur et conseiller national écologiste Ueli Leuenberger ainsi que par Viviane Luisier, membre du collectif «Solidarités Tattes», Mgr Pierre Farine, ex-évêque auxiliaire à Genève, n’a pas trouvé de terrain d’entente avec la municipalité. «Nous leur avions demandé des garanties, notamment financières, visant à couvrir d’éventuels dégâts ou procédures judiciaires. Le montant que la Ville nous accordait [20 000 francs, ndlr] a été jugé trop bas.»

«L’Eglise n’a pas à se substituer aux pouvoirs publics»

«Sur les frais judiciaires, la Ville ne peut pas se substituer à un propriétaire», s’est défendu le conseiller administratif Sami Kanaan. Le magistrat et sa collègue Esther Alder n’ont pas manqué de marteler que l’exécutif avait «toléré» l’occupation du Grütli, mais que cela n’était plus possible. L’édile socialiste a également vitupéré contre le Conseil d’Etat, se déclarant «surpris de ne pas recevoir de réponse formelle» du gouvernement genevois quant à la création d’une taskforce. Si Sami Kanaan a insisté pour rappeler que le canton était seul responsable pour trouver des solutions, Mgr Farine a quant à lui indiqué que «l’Eglise n’avait pas à se substituer aux pouvoirs publics».