Le Conseil fédéral a formellement confirmé mercredi la création de l'Office fédéral des migrations (OFM) pour le 1er janvier 2005. Et, comme attendu, celui-ci sera dirigé par l'actuel directeur de l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration (IMES), Eduard Gnesa.

La nouvelle entité voulue par Christoph Blocher réunira l'IMES et l'Office fédéral des réfugiés (ODR). Eduard Gnesa prend sans attendre la direction des deux offices. Le directeur ad intérim de l'ODR, Urs Hadorn, «se verra confier de nouvelles missions pour le compte du chef du département». Il devrait prochainement prendre sa retraite. L'OFM sera subdivisé en quatre sections: «entrée, séjour et retour», «travail, libre circulation et immigration», «nationalité et intégration» et «procédure d'asile».

«Avec cette structure, nous aurons une plus grande efficacité dans le domaine de la migration. Nous pourrons économiser entre 2,5 et 5 millions par an, cibles qui seront atteintes sans aucun problème. Cela passera inévitablement par une réduction du nombre de postes», expose Christoph Blocher. Selon Eduard Gnesa, «les choses se passent bien jusqu'à maintenant». Est-ce vraiment le cas? Pas sûr. Il apparaît en effet que la fusion crée des tensions dans les deux offices (LT du 28.10.2004).

L'étape suivante pourrait-elle être la naissance d'une loi sur les migrations qui, à l'instar du nouveau secteur administratif voulu par le chef de Justice et Police, marierait la législation sur les étrangers et celle sur l'asile? «Pas à court terme, car cela retarderait les révisions en cours de ces deux lois. Mais on pourra réfléchir à une telle idée après avoir achevé ces révisions», lâche Christoph Blocher, qui sait très bien que les modifications qu'il a apportées en cours de route à la nouvelle loi sur l'asile suscitent la désapprobation de nombreux milieux.

Rapport incomplet

A propos de l'asile, le Zurichois estime que la règle de la non-entrée en matière (NEM) en vigueur depuis avril «fonctionne», cela en dépit du fait qu'il est désormais établi que les requérants concernés sont en partie entrés dans la clandestinité (LT du 3.11.2004). «On ne sait pas qui est parti et qui est resté incognito en Suisse, mais c'était déjà comme ça avant. En tout cas, la crainte de voir la criminalité augmenter à cause de cette décision n'est pas démontrée», relève-t-il. Il reconnaît que le premier rapport de monitoring présenté par l'ODR la semaine dernière est «encore incomplet», mais le fait que les cantons n'utilisent qu'une partie des crédits destinés à financer l'aide d'urgence – qui remplace l'aide sociale, supprimée pour ces migrants – «n'est pas un mauvais signe».

Reste à voir maintenant si la suppression de l'aide sociale sera étendue à l'ensemble des requérants déboutés. A ce sujet, Christoph Blocher nie avoir exigé de retirer cette intention du rapport de monitoring, comme l'en accuse l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).