Ouvert il y a peine deux ans, l'un des trois supermarchés que Migros a implantés en France voisine fermera ses portes à la fin du mois. Situé à Sevrier, dans la banlieue d'Annecy, le magasin était la plus petite et la plus récente des trois enseignes françaises du groupe de distribution helvétique, qui possède également un centre à Etrembières (près d'Annemasse en Haute-Savoie) et Thoiry (près de Gex, dans l'Ain). Si ces deux derniers centres sont à quelques jets de pierre de la frontière suisse, drainant une importante quantité de consommateurs genevois, le magasin annécien était destiné à une clientèle française qui a apparemment boudé les produits proposés par Migros. Les ventes ont à peine atteint la moitié des prévisions et Guy Vibourel, directeur de Migros France, a déclaré cette semaine à l'hebdomadaire haut-savoyard Le Faucigny, qui révélait l'information, que Migros «s'était rarement trompée, mais ici l'écart est surprenant. Le résultat d'exploitation s'inscrit dans les chiffres rouges sans perspective d'amélioration suffisante pour les années à venir.»

Thierry Brancaleone, directeur de la Migros d'Etrembières, attribue la fermeture du site d'Annecy aux conditions d'accès du supermarché: «Le magasin était magnifique, mais ses voies d'accès sont catastrophiques. La route nationale permettant de se rendre au magasin ne peut pas être traversée. Il faudrait construire un rond-point, mais de tels travaux sont trop importants.» Une explication partiellement exacte seulement, car d'autres causes viennent aussi expliquer la fermeture du supermarché. La présence d'un concurrent, le distributeur français Champion, situé à côté de la Migros, dans une zone moyennement urbanisée, explique aussi la désaffection de la clientèle. Enfin, le supermarché, d'une surface de 1000 m2, était plus petit et moins bien approvisionné que les autres enseignes françaises de Migros.

«Une partie du personnel du magasin, poursuit M. Brancaleone, sera réaffectée au supermarché d'Etrembières.» Quant aux locaux, ils seront repris par le hard-discounter allemand Lidl, qui est spécialisé dans la vente de produits à très bas prix.

Etrembières et Thoiry, les autres supermarchés de Migros en France voisine, semblent par contre en meilleure santé et une fermeture n'est pas à l'ordre du jour: «Les résultats sont superbes. Peu de distributeurs français peuvent se targuer de pareilles réussites, alors même que nous ne vendons ni alcool et ni équipements ménagers dans le magasin», conclut, rassurant, Thierry Brancaleone.