Élections

Mike Egger, le jeune loup UDC saint-gallois, pour ravir le siège PLR aux Etats 

L’UDC saint-galloise mise sur une étoile montante pour rafler un siège à Berne lors de l’élection complémentaire au Conseil des Etats, qui aura lieu le 10 mars. La section cantonale du parti a désigné Mike Egger, un boucher-charcutier de 26 ans de Berneck, dans le Rheintal, pour succéder à la PLR Karin Keller-Sutter, devenue conseillère fédérale

Peu connu hors des frontières de son canton, Mike Egger n’est pas pour autant un novice en politique. Elu en 2012 au Grand Conseil saint-gallois à l’âge de 19 ans, il s’est fait connaître récemment pour sa campagne acharnée pour l’interdiction de se voiler le visage – la loi anti-burqa – acceptée en votation populaire cantonale en septembre dernier. Puis en novembre, il a succédé à l’UDC Toni Brunner au Conseil national, lorsque l’ancien président du parti s’est retiré de la vie politique.

Le jeune UDC réussira-t-il là où des ténors du parti ont échoué avant lui? En 2014, Toni Brunner, alors président de l’UDC, expliquait vouloir faire gagner davantage de sièges à l’UDC au Conseil des Etats grâce à des candidats au profil plutôt modéré. Lui-même avait tenté en vain d’entrer à la Chambre des cantons, tout comme Christoph Blocher, ou encore Adrian Amstutz.

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Défense du «Büezertum»

Mike Egger, lui, adopte une ligne résolument conservatrice. Il se définit lui-même comme un «Büezer», un terme qui désigne en dialecte alémanique un travailleur, salarié ou artisan, venant d’un milieu modeste et populaire. A Berne, il entend défendre le tissu économique de la Suisse de l’Est et représenter le «Büezertum» face à une classe politique qu’il estime trop déconnectée des réalités de la classe moyenne. Il plaide notamment pour rendre le meurtre imprescriptible ou durcir l’asile.

Le président de l’UDC saint-galloise Walter Gartmann estime que sa jeunesse et le fait qu’il vienne de l’économie privée font partie des meilleurs atouts du poulain UDC. «L’Assemblée fédérale compte trop de juristes, de professeurs et d’homme âgés. Mike Egger n’a pas fait qu’étudier, il connaît l’économie réelle. Et malgré sa jeunesse, c’est un vrai conservateur», dit le politicien saint-gallois.

La concurrence sera rude. Le PLR saint-gallois lance l’avocate Susanne Vincenz-Stauffacher pour défendre son siège. Le PDC mise sur son conseiller d’Etat Benedikt Würth, 50 ans, ancien maire de Rapperswil-Jona (SG) et actuel président de la Conférence des gouvernements cantonaux. Les Verts, de leur côté, tentent leur chance avec le professeur d’université Patrick Ziltener.

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