«Nous soutenons pleinement cette initiative. Elle est importante à nos yeux.» La position d'economiesuisse défendue par Thomas Pletscher, responsable des relations bilatérales entre la Suisse et les Etats-Unis, ne laisse place à aucune ambiguïté. Le patronat est derrière un accord de libre-échange entre les deux pays. «Nous pourrions bénéficier plus facilement de la croissance américaine», avance André Kudelski, directeur et président du groupe éponyme.

Le poids économique des Etats-Unis explique cette position. Il s'agit après l'Allemagne du second partenaire de la Suisse. Les entreprises helvétiques y ont exporté pour 14,25 milliards de francs de marchandises en 2004, selon l'Administration fédérale des douanes (AFD). Ce qui représente 10,1% de leurs exportations. A l'inverse, les Suisses achètent peu, 4,3% des biens importés (5,71 milliards) proviennent des Etats-Unis.

Un accord limiterait au maximum les obstacles au commerce, ce qui ne déplairait pas aux industries exportatrices. «L'horlogerie, l'industrie du textile et des machines, la pharma ou encore la chimie, tous les secteurs soutiennent le projet. Le secteur bancaire également», affirme Martin Naville, directeur de la Chambre de commerce américano-suisse. «Nous dépendons des marchés étrangers, un accord ne peut que nous intéresser», confirme Maurice Altermatt, chef de la division économique à la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH). Il évoque les difficultés actuelles. «Si le tarif moyen n'est pas élevé, il est extrêmement complexe de commercer avec les Etats-Unis. Les Américains imposent les différents composants d'une montre. C'est-à-dire aussi bien un mouvement qu'un bracelet. Nous devons en conséquence fournir une facture commerciale très détaillée. Plus que les droits de douane, un accord éviterait cette gymnastique aux fabricants.»

Prudence du secteur bancaire

Dans le secteur bancaire, on reste toutefois prudent. «Nous sommes par définition pour le libre-échange. Nous ne voyons cependant pas l'avantage d'un accord de ce type pour les banques», commente Thomas Sutter, le porte-parole de l'Association suisse des banquiers (ASB). «Nous parlons d'un accord économique. Nous sommes persuadés que les Américains ne rouvriront pas certains dossiers comme la convention de double imposition récemment complétée», ajoute de son côté Thomas Pletscher.

En plus des échanges commerciaux, les relations entre les deux pays existent en termes d'investissement. Entre 2002 et 2003, les Etats-Unis ont attiré près d'un tiers du flux de capitaux suisses, selon la Banque nationale suisse (BNS). En tout 6,7 milliards (contre 3,4 l'année précédente) sont partis outre-Atlantique. Dans le même temps, les Américains se sont montrés les principaux investisseurs étrangers en Suisse avec 7,35 milliards (contre 2,88 en 2002). Procter & Gamble à Genève, Medtronics à Tolochenaz, Johnson & Johnson à Neuchâtel, la présence de multinationales américaines se multiplie en Suisse romande. «Nous ne pourrions qu'améliorer cette tendance», assure Francis Sermet, directeur du développement économique Western Switzerland (DEWS).