Un gouvernement moins chahuté contribuera à remettre de l’huile dans les rouages économiques. C’est l’une des principales constatations des milieux économiques suite à l’élection d’un deuxième UDC au Conseil fédéral. L’importance de la concordance retrouvée, incarnée par l’arrivée du «gentil» Guy Parmelin au gouvernement, est soulignée par plusieurs responsables d’organisations économiques.

Rudolf Minsch, sous-directeur d’economiesuisse, exprime une forme de soulagement. «L’important est que le droit de l’UDC d’obtenir deux sièges au Conseil fédéral ait été reconnu. Cela devrait ramener de la sérénité sur la scène politique et permettre de trouver des solutions au plan économique pour l’ensemble du pays, et non dans l’intérêt de telle ou telle formation politique.»

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers (Usam), est aussi très satisfait de l’élection de l’agriculteur vaudois. «Guy Parmelin a parfaitement conscience des problèmes des PME qu’il connaît bien». Le directeur de l’Usam croit aussi aux bienfaits du retour de la concordance. «Les parlementaires pourront enfin laisser de côté les problèmes de personnes et se concentrer sur les importants dossiers de la législature, à savoir la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III), la diminution de la bureaucratie qui paralyse les entreprises, et le projet de réforme des assurances sociales Prévoyance 2020».

Toutes les difficultés ne seront cependant pas aplanies par le simple fait que l’UDC ne s’acharnera plus à revendiquer une place équitable au gouvernement. «Les discussions se poursuivront au parlement à la recherche d’un compromis, mais elles se dérouleront dans une atmosphère beaucoup plus sereine», assure Hans-Ulrich Bigler.

La majorité, sur certains dossiers, va changer au Conseil fédéral. «Eveline Widmer-Schlumpf se situait au centre-droit. Il y aura donc un léger déplacement à droite avec Guy Parmelin, aussi sur les dossiers économiques», constate Dominique de Buman (PDC/FR). «La sortie du nucléaire a passé la rampe grâce à Eveline Widmer-Schlumpf», rappelle Ada Marra (PS/VD).

Ce virage à droite réjouit Valentin Vogt, président de l’Union patronale. «En ce qui concerne la prévoyance sociale et la réglementation du travail, les choses évolueront sans doute dans notre direction. Mais la recherche du compromis reste obligatoire puisqu’au final c’est le peuple qui décide en raison du droit de référendum».

Jacques-André Maire (PS/NE) souligne que Guy Parmelin est beaucoup moins à droite sur les questions financières internationales, que Thomas Aeschi. «A propos de l’échange automatique d’informations fiscales, le Zougois avait une vision dogmatique et pugnace», lâche-t-il.

Johann Schneider-Ammann, président de la Confédération en 2016, ne doute pas une minute de l’intégration de Guy Parmelin dans le collège gouvernemental sur les questions économiques. «Il partagera les objectifs du Conseil fédéral car il sait qu’un franc sur deux est gagné à l’étranger».