Toutes les caméras sont braquées sur elle. Normal, en tant que benjamine d'une Constituante âgée et masculine, Louise Kasser tranche dans le décor. Pétillante et riche d'un passé de militante stupéfiant du haut de ses 23 ans, la Verte aura «la chance énorme» de présider la première séance. Pas question toutefois de revendiquer la charge pour quatre ans: «Je dois encore cumuler de l'expérience», estime l'élue, qui s'est lancée avec le soutien du conseiller national Antonio Hodgers. Glissant: «Nous, les femmes, on a toujours besoin d'être rassurées.» Cela dit, Louise Kasser verrait bien une des quatorze élues prendre la tête du conclave, comme la radicale Françoise Saudan ou la Verte Marguerite Contat Hickel, épaulée par des vice-présidents. De son côté, elle soignera son discours: après avoir présidé à 13 ans le parlement des jeunes de la Ville de Genève, cela ne l'intimide pas: «J'ai tant de choses à dire!» Elle insistera sur le fait que, sociologiquement, «la Constituante n'est pas représentative du peuple»: peu de femmes, de jeunes, aucun étranger. Son combat, en tant que cheffe de projet au Conseil suisse des activités de jeunesse et étudiante en socio-économie, sera focalisé sur les cadets, qu'elle veut voir représentés dans un parlement cantonal des jeunes. «Au sein de la Constituante, nous ne sommes que cinq à avoir moins de 30 ans, mais j'espère que nous serons soudés pour défendre cette idée.» La Verte a déjà créé un groupe sur Facebook avec le radical Murat Julian Alder: «Passerelle des jeunes à la Constituante.» La future charte dira «comment ce sera d'habiter à Genève dans les 150 prochaines années», s'enthousiasme-t-elle. Pour éviter un camouflet devant le peuple, il faudra le consulter en amont. Si Louise Kasser imagine le siège de l'assemblée à la salle communale de Plainpalais, elle souhaite que les élus se déplacent à travers le canton, et en France voisine. C. G.