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Les mille couleurs du féminisme politique

Les femmes de droite ne se reconnaissent pas dans la «grève» lancée par les syndicats. Mais toutes admettent la nécessité de marquer le coup pour rappeler les discriminations qui subsistent

Le vendredi 14 juin a lieu la deuxième grève des femmes de l’histoire suisse. Le Temps publie une série d’articles sur les enjeux mis en lumière par cette mobilisation.

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Féminisme, grève, manifeste: trois mots qui résonnent très différemment selon les sensibilités sous la Coupole. Au Palais fédéral, les femmes de droite éprouvent toutes les peines du monde à se positionner dans la perspective de la grève des femmes. Sollicitée dans la salle des pas perdus du Conseil national, l’une d’entre elles fuit même en courant. «Je dois bientôt aller voter», s’excuse-t-elle.

Tout commence par un badge qui divise, celui de l’événement: sur fond violet, un poing fermé au centre du signe du féminin. Pour certaines élues des partis bourgeois, c’est déjà difficile à avaler. Elles ne peuvent pas s’identifier avec cette «grève féministe» trop revendicatrice qui a été lancée par les syndicats. Et lorsque, en décembre 2018, les collectifs romands qui lancent un manifeste accolent systématiquement un astérisque à leur mouvement, laissant ainsi entendre une exclusion des hommes cisgenres – soit «ceux qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance» –, c’en est trop. Il était clair qu’il serait impossible de fédérer toutes les femmes sous la bannière de la grève.