Le milliardaire Wyss prêt à financer une campagne pour les bilatérales

Ouverture «La votation du 9 février n’a créé que des problèmes», estime le mécène, qui participait jeudi à une conférence sur la recherche

Une force de frappe financière. Voilà ce qui manquait pour contrer la «machine de guerre» blochérienne engagée à détruire les relations bilatérales. Mais un nouvel adversaire de poids pourrait s’ériger face au tribun de l’UDC: le milliardaire Hansjörg Wyss.

Le Suisse de 79 ans se dit prêt à soutenir financièrement une initiative pour consolider les accords bilatéraux avec l’UE. S’il ne veut pas la lancer lui-même, il propose de financer la campagne via une association comme economiesuisse, a-t-il affirmé jeudi soir sur les ondes de la RTS.

Chrisoph Blocher a trouvé enfin un adversaire à sa taille (économique), notait jeudi matin Blick , annonçant «un duel de milliardaires». La fortune de Hansjörg Wyss – évaluée à plus de 11 milliards par Forbes – dépasse en effet largement celle de la famille du tribun de l’UDC, estimée par Bilanz à 4,5 milliards. L’homme d’affaires et scientifique, résidant aux Etats-Unis, s’est rendu jeudi à une conférence à Berne consacrée à l’importance de la coopération internationale pour la relève scientifique suisse, et aux effets négatifs de l’initiative «Contre l’immigration de masse».

Organisé par la professeure Brigitte Von Rechenberg, de l’Université de Zurich, avec l’appui du réseau d’information Euresearch, cet événement ouvert au grand public a réuni plusieurs figures scientifiques du pays, comme Patrick Aebischer, président de l’EPFL, et Thierry Courvoisier, président des Académies suisses des sciences. Hansjörg Wyss était l’un des orateurs phares de cet après-midi consacré à la collaboration scientifique.

«Si la Suisse se retire dans un réduit scientifique et économique, nos enfants n’ont plus de chance, a-t-il rappelé dans l’émission Forum, sur la RTS. Le oui lors du vote du 9 février n’a créé que des problèmes.»

Le milliardaire, connu pour préférer la discrétion aux spots médiatiques, ne croit pas les politiciens qui prétendent pouvoir trouver une solution avec l’UE. Cette dernière est dans une bien meilleure position que la Suisse pour négocier, souligne-t-il. Hansjörg Wyss estime que le lancement d’une nouvelle initiative est la seule solution pour sauver les bilatérales.

«Quand une affaire lui tient à cœur, Hansjörg Wyss sait se montrer très généreux», souligne Blick , en citant les organisations culturelles et environnementales qui profitent de ses dons. Il soutient également plusieurs projets à tendance libérale aux Etats-Unis.

Le milliardaire, qui a vendu en 2012 son entreprise de techniques médicales Synthes à Johnson & Johnson, est «occupé à distribuer son argent plutôt qu’à en faire», note également le magazine Forbes . Il a adhéré à la campagne «Giving Pledge», promettant de donner la moitié de sa fortune à des «bonnes œuvres».