Les milliers de tonnes de munitions qui gisent au fond de lacs suisses y resteront. Nouvelles vérifications à l’appui, le Département fédéral de la défense (DDPS) renonce à les repêcher. Une telle opération serait plus dangereuse et nuirait davantage à l’environnement. Une surveillance est toutefois assurée.

Le DDPS était arrivé aux mêmes conclusions en 2008 en présentant une première étude. L’armée a immergé jusqu’en 1967 plus de 8000 tonnes de munitions dans les lacs de Thoune, de Brienz ainsi que dans celui des des Quatre-Cantons (lac d’Uri et bassin de Gersau). Il s’agissait en majeure partie de résidus provenant des fabriques de Thoune, dans le canton de Berne, et Altdorf (Uri).

Selon les résultats présentés vendredi, les munitions ne sont plus apparentes. La plupart sont recouvertes d’une couche de vase mesurant de 25 centimètres à 2 mètres. Et chaque année, 3 à 8 millimètres de sédiments viennent s’y ajouter.

Selon le DDPS, les analyses détaillées des sédiments et de l’eau n’ont révélé aucune trace de polluants qui soit liée aux munitions. Les teneurs en métaux lourds se situent au niveau de la pollution d’origine naturelle. Les modifications affectant les organes sexuels des poissons dans le lac de Thoune restent quant à elles mystérieuses. Mais elles sont liées au zooplancton et non aux munitions.

Une opération de repêchage constituerait en revanche un danger pour l’environnement. Déterrer des objets au fond d’un lac provoquerait en effet un brassage des sédiments, affectant ainsi l’écosystème durant des années. En surface, de tels travaux occasionneraient, pendant longtemps, des nuisances, en particulier du bruit.

Un repêchage impliquerait en outre un risque d’explosion, d’où un danger pour les êtres humains, la faune aquatique et l’écosystème. Il faudrait probablement interdire l’accès à une vaste zone des lacs et suspendre la navigation.

Face à tous ces dangers, le DDPS a décidé, en accord avec les cantons concernés, de laisser les munitions au fond des lacs. Les sites feront toutefois l’objet d’une surveillance régulière afin de réagir à temps si la situation devait changer. Elle sera assurée par les cantons en vertu d’une convention passée avec la Confédération.