La fonction publique vaudoise reste mobilisée. Plusieurs milliers de personnes – entre 6000 et 7000 selon la police municipale – ont à nouveau manifesté mercredi dans les rues de Lausanne contre les mesures d'économies prévues au budget 2005. Cette manifestation terminait la troisième journée d'action de l'automne, celle du 5 octobre ayant réuni jusqu'à 10 000 personnes.

Organisateurs satisfaits

Le nombre des manifestants de mercredi était réjouissant pour les organisateurs: le récent accord salarial conclu entre l'Etat et la seule Fédération des sociétés de fonctionnaires (FSF), ainsi que la division qu'elle a entraînée parmi les organisations syndicales, leur faisait craindre une forte démobilisation (LT du 10.11.2004). «Si le mouvement ne faiblit pas, c'est bien la preuve que ce sont les prestations publiques, mises en danger par le budget, qui sont au cœur des préoccupations», soulignait Jacques Daniélou, président de la Société pédagogique vaudoise et signataire de l'accord salarial.

Banderoles et slogans dénonçaient surtout les conséquences des coupes budgétaires sur les prestations, par exemple le nombre d'élèves par classe – l'Association des parents d'élèves s'était jointe à la manif – ou la qualité des soins. Les opposants aux mesures d'économies cherchent maintenant à faire pression sur les députés, qui débattront prochainement du budget 2005. La coupe de 30 millions dans les EMS et l'abaissement au minimum des montants d'aide sociale sont les deux mesures les plus contestées.

L'accord salarial conclu entre le gouvernement et la FSF n'en a pas moins été décrié lors de la manifestation. «C'est un accord antisocial, une trahison qui nous humilie», chantaient les militants du Syndicat des services publics (SSP), dans le dos des signataires de la FSF qui défilaient devant eux. En revanche, la manifestation séparée que le SSP avait convoquée dans l'après-midi, dans le but de rendre clairement visible l'opposition à cet accord, a fait un flop: elle n'a réuni que 350 personnes. Cette convention salariale signée pour trois ans permet à l'Etat une économie de 156 millions. Elle impose une contribution de crise sur tous les salaires dépassant 60 000 francs, des augmentations annuelles réduites de 20% et une indexation de 0,25%. Les signataires soulignent qu'ils ont limité les dégâts, la volonté initiale du Conseil d'Etat étant de supprimer toute indexation et toute augmentation.

La journée d'action qui a précédé la manifestation de mercredi a eu un impact moindre que les précédentes, en raison justement des consignes divergentes des organisations. L'école obligatoire a vécu cette fois une journée comme les autres. Quelques débrayages ont eu lieu dans des gymnases. Le Centre social régional de Lausanne a aussi participé activement à la journée de protestation. La mobilisation a été le mieux suivie dans le secteur de la santé, notamment au CHUV, où elle a été massive, mais aussi à Vevey: en grève pour la première fois, le personnel de la clinique psychiatrique de Nant a rejoint une assemblée de l'hôpital de zone du Samaritain.