Le Paléo Festival aurait-il perdu le sens de la mesure et son patron, Daniel Rossellat, celui de la tempérance paysanne dont il a fait sa marque de fabrique? Il vient de demander une coquette somme – sur un calcul d’un dommage de 5,5 millions – au canton de Vaud pour compenser l’annulation de la manifestation à cause du Covid-19. Une somme record comparée à celles réclamées par les autres acteurs culturels vaudois. Le Conseil d’Etat devrait communiquer lundi au sujet des attributions. Cette demande d’aumône de la petite entreprise prodige nyonnaise est-elle légitime?

«En quarante-quatre ans, jamais nous n’avons demandé un sou à l’Etat, alors que Paléo génère 40 millions de francs de retombées économiques pour la région, explique Daniel Rossellat, qui est aussi syndic de Nyon. Douter de cette légitimité alors que nous sommes dans les turbulences, c’est me faire un faux procès. Si on touche, au mieux, 80% de cette somme, il restera un déficit compris entre 1,2 million et 2 millions de francs, que nous devrons bien combler avec nos réserves. De plus, nous versons plus de 1 million chaque année en impôts et factures de prestations communales et cantonales», dont la moitié sont des impôts à la source des artistes. Néanmoins, les inspecteurs des finances cantonaux et fédéraux chargés d’évaluer la demande de Paléo ont découvert une structure compliquée, avec notamment une société immobilière propriétaire de plusieurs parcelles et bâtiments autour du site.