Si les comptes 2000 se dirigent ostensiblement vers les chiffres noirs, le budget 2001 se veut encore prudent. Tel qu'il a été arrêté mercredi par le Conseil fédéral, il présente un infime déficit de 100 millions, pour 49 milliards de recettes et 49,1 milliards de dépenses. Les années suivantes se présentent de manière plus optimiste: un bénéfice de 200 millions est envisagé pour 2002, il devrait grimper à 1,1 milliard l'année suivante, puis à 1,3 milliard en 2004. Ce scénario repose sur l'hypothèse d'un taux de chômage de 1,8% et d'une croissance de 2% l'an prochain et de 1,5% les années suivantes.

Ainsi conçue, la planification financière respecte les contraintes fixées par l'article constitutionnel sur l'équilibre budgétaire. «L'assainissement des finances est en bonne voie. C'est réjouissant, mais cela ne va pas de soi. Ce n'est possible que parce que la bonne conjoncture et la baisse du chômage sont liées à nos efforts d'assainissement», commente le ministre des Finances Kaspar Villiger.

Le budget n'inclut pas les recettes extraordinaires que la Confédération encaissera de la vente aux enchères des concessions de téléphonie mobile UMTS. Il a toutefois tenu compte du report de l'entrée en vigueur des accords bilatéraux. Il part de l'idée qu'ils ne seront pas applicables avant le 1er avril 2001, ce qui réduit de 200 millions les dépenses découlant de ces accords. Il s'agit principalement des frais que la Suisse devra payer pour participer aux programmes européens de recherche.

Excès

Malgré cela, la croissance des dépenses – 3,6% – reste excessive aux yeux de Kaspar Villiger. Elle dépasse l'essor économique, ce qui aura pour effet d'augmenter la quote-part de l'Etat au Produit intérieur brut (PIB). Le conseiller fédéral insiste sur la nécessité de contenir les dépenses. C'est dans cette perspective que, depuis la première mouture présentée en juin, le budget 2001 a été amputé de toute une série de crédits demandés par l'administration.

Il se veut optimiste dans les domaines de l'asile et du chômage, mais, insiste Kaspar Villiger, on n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise. Il englobe en revanche des dépenses supplémentaires pour la formation et le «E-government», c'est-à-dire l'offre Internet du gouvernement. Par ailleurs, le chef des Finances se dit très déçu par la décision prise par une commission du National, qui veut priver la Confédération de sa part (17%) aux recettes du pour cent supplémentaire de TVA prévu pour l'AVS, autrement dit de 400 millions.