Justice 

Le Ministère public genevois lance un appel à témoins après l’agression de cinq femmes

Mercredi matin à l’aube, les cinq victimes ont été rouées de coups par plusieurs hommes à la sortie de la discothèque le Petit Palace, en Vieille-Ville de Genève

D’une violence rare, l’incident choque. Mercredi matin à l’aube, cinq femmes ont été tabassées par un groupe d’hommes en plein centre-ville, révélait le matin même la Tribune de Genève sur son site internet. L’une d’entre elles se trouve encore dans le coma; une autre est grièvement blessée après avoir reçu de violents coups à la tête. Les victimes, nées entre 1985 et 1996, ont toutes été conduites à l’hôpital.

Les auteurs présumés, plusieurs hommes âgés d’une vingtaine d’années selon la Tribune de Genève, restent activement recherchés par la brigade criminelle. Le Ministère public a ouvert une procédure pénale sous la responsabilité du procureur Frédéric Scheidegger et lancé jeudi un appel à témoins. Tout renseignement étant susceptible d’aider le déroulement de l’enquête, les personnes ayant vu, filmé ou pris des photos de l’agression sont priées de contacter la brigade criminelle. «A ce stade, le Ministère public ne donne pas plus de détails sur le déroulement des faits pour des raisons de confidentialité», précise le porte-parole Henri Della Casa.

Coups de poing et de pied

L’agression s’est déroulée à la place des Trois-Perdrix, juste au-dessus de Confédération Centre, à la sortie de la boîte de nuit toute proche, le Petit Palace. Toujours selon la Tribune de Genève, une jeune femme accompagnée d’un ami aurait été insultée par un groupe de jeunes hommes en sortant de la discothèque vers 5h. Ils lui auraient donné des coups de pied et de poing et l’auraient frappée au moyen d’une béquille. Selon plusieurs témoins, quatre femmes quittant le même club lui seraient venues en aide. Elles auraient à leur tour été tabassées.

«Climat d’impunité»

A l’initiative de SolidaritéS, un rassemblement de soutien aux «victimes des violences sexistes» a eu lieu jeudi devant Confédération Centre à 18h30. Il a rassemblé plus de 200 personnes. Pour Aude Martenot, militante de SolidaritéS, ce tragique incident prouve que Genève n’est pas épargnée par les violences envers les femmes. A l’heure où émerge une prise de conscience concernant le harcèlement de rue, il faut, à ses yeux, aller plus loin: «Les femmes ont tellement intégré la peur de sortir la nuit que celle-ci fait aujourd’hui partie du quotidien, estime-t-elle. En véhiculant une image dégradée et infériorisée de la femme, la société génère un climat d’impunité. D’où l’importance de dénoncer aujourd’hui ces comportements inadmissibles.»

Dossier
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