Le Ministère public de la Confédération n’avait pas jugé bon d’ouvrir une procédure. C’est finalement la justice genevoise qui a décidé d’enquêter sur l’argent que Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, fait passer par la Suisse dans le cadre de l’immense affaire des «biens mal acquis». «Le Ministère public genevois confirme l’ouverture d’une procédure pénale dirigée contre Teodorin Obiang. Ce dernier est prévenu de blanchiment d’argent», note son porte-parole, Henri Della Casa.

Premier événement de taille dans le cadre de la procédure, elle a séquestré, lundi soir, onze véhicules de luxe que Teodorin Obiang s’apprêtait à déménager par avion, selon une information révélée par «L’Hebdo» et confirmée par le Ministère public. L’ouverture d’une enquête à Genève avait été rendue publique le 18 octobre dernier.

Teodorin Obiang va être jugé prochainement en France pour blanchiment d’argent, détournement de fonds publics et corruption. Une partie de ces fonds étaient gérés par des sociétés et des administrateurs suisses qui ne semblent pour l’heure pas concernés par la procédure suisse. Teodorin Obiang a aussi fait l’objet de plusieurs procédures aux Etats-Unis. Malgré ces enquêtes, l’homme continuait de venir très souvent en Suisse, comme le montre l’observation des mouvements de son jet. Selon «L’Hebdo», l’avion de Teodorin Obiang a passé 69 jours à Genève en huit séjours, entre janvier 2015 et mars 2016.

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