Le Conseil fédéral «est heureux de constater que la Suisse se voit confier l'une des principales tâches assumées par l'ONU.» Le gouvernement a salué la décision du Conseil de sécurité de désigner Carla Del Ponte au poste de procureur des Tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda. La Tessinoise prendra ses fonctions, comme annoncé, le 15 septembre. Comme prévu également, c'est son substitut, Felix Bänziger, qui reprendra par interim la direction du Ministère public de la Confédération en attendant la désignation d'un successeur.

Parallèlement, la réforme de cette institution reçoit un coup d'accélérateur. Mercredi, la commission des affaires judiciaires des Etats a repris le projet de loi visant à «améliorer l'efficacité et la légalité en matière de poursuite pénale». Elle s'est ralliée, pour l'essentiel, à la proposition faite par la commission du National de muscler un peu le projet du Conseil fédéral. Ce dernier prévoyait de donner au Ministère public de la Confédération la possibilité de mener lui-même certaines enquêtes en matière de criminalité organisée, aujourd'hui de la compétence des cantons. Craignant entre autres le flou ainsi créé, les commissaires proposent de mieux délimiter les choses. Le Ministère public de la Confédération devra se charger de toutes les enquêtes concernant la criminalité organisée qui ont des ramifications internationales ou même, dans certains cas, intercantonales. Il se chargera de tout le travail d'enquête et soutiendra l'accusation devant les justices cantonales, qui resteront compétentes pour le jugement.

La commission des Etats termine son travail aujourd'hui. Restera à convaincre l'ensemble des députés - et à financer cette réforme qui devrait coûter, en nouveaux moyens à disposition du Ministère public de la Confédération, environ 50 millions par an.