Jura

Le ministre jurassien Philippe Receveur tire lui aussi sa révérence

Le magistrat PDC de 51 ans s’en ira au terme de la législature, à fin 2015, après neuf ans de Conseil d’Etat. Il est le troisième des cinq ministres jurassiens à se retirer

C’est une surprise, tant le magistrat avait donné des indices de son intention de poursuivre un mandat débuté en 2007. Le ministre PDC jurassien Philippe Receveur, 51 ans, a annoncé mardi soir, par le biais d’une lettre aux représentants des médias diffusée par le porte-parole du gouvernement à 20 h, qu’il ne sera pas candidat à un troisième mandat gouvernemental lors des élections jurassiennes d’octobre 2015.

Les raisons de ce retrait ne sont pas très claires. Philippe Receveur affirme avoir «d’autres perspectives pour 2016, mais il n’est pas temps d’en parler». Il prétend avoir décidé lors de sa première élection gouvernementale, en 2006, qu’il n’effectuerait que deux mandats, affirmant privilégier «l’intensité à la durée».

Pourtant, après une excellente réélection en 2010 alors qu’il dirigeait le délicat Département de la santé, après une année présidentielle en 2011 où il n’avait pas caché un grand plaisir à exercer le pouvoir, tout indiquait que Philippe Receveur, à peine la cinquantaine franchie, repartirait pour un troisième et dernier mandat – la Constitution jurassienne n’autorise que deux réélections.

Et là, sans crier gare, au travers d’une prise de position écrite laconique diffusée presque en catimini un mardi soir, le ministre de l’Environnement et de l’équipement tire sa révérence. Y aurait-il quelque raison cachée?

Philippe Receveur a vécu son action gouvernementale dans l’ombre du duo Charles Juillard – Elisabeth Baume-Schneider, plus portés vers les projecteurs. Le magistrat PDC s’est pourtant fait un nom, d’abord comme ministre de la Santé, département qu’il avait été contraint d’assumer après avoir comploté contre Laurent Schaffter en 2006. Il y a pris d’importantes options, en confiant notamment à l’hôpital de Porrentruy un nouveau rôle dans la réadaptation. Il a aussi conclu des partenariats hospitaliers, entre le Jura et Bâle notamment.

Fort d’une réélection brillante en 2010, Philippe Receveur accède à son domaine de prédilection, l’environnement et les infrastructures. Il s’engage pour la revitalisation du Doubs, inaugure les derniers tronçons de l’autoroute Tansjurane (l’ultime mise en circulation interviendra en 2016) et promeut les énergies alternatives éoliennes et géothermiques. Il tente de trouver l’étroit chemin entre protection de l’environnement et nécessité de produire de l’énergie, que ce soit sur le Doubs ou dans les paysages jurassiens. Son concept énergétique dévoilé il y a quelques mois, voulant donner de l’autonomie énergétique au Jura, constitue l’un des principaux dossiers qu’il aura conduit.

Philippe Receveur aura aussi été un «voyageur», actif en particulier au sein du Conseil de l’Europe.

Alors qu’on s’acheminait vers une reconduction «en bloc» du gouvernement jurassien en automne prochain, trois ministres sont sur le départ: la socialiste Elisabeth Baume-Schneider, qui termine son troisième mandat, le PLR Michel Probst pressé de s’en aller par son parti, et maintenant le PDC Philippe Receveur. Les deux autres sortants, le PDC Charles Juillard et le socialiste Michel Thentz, n’ont pas encore précisé leurs intentions. Tout indique qu’ils seront en lice. La préparation des élections dans les partis politiques s’en retrouve autrement plus excitante et incertaine.

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