Cette fois, la loi sur le tourisme devrait être acceptée par le parlement valaisan en décembre. Nullement contraignante pour les communes et les destinations touristiques, elle leur donne le choix de leur organisation promotionnelle et financière, et leur propose les outils pour ce faire. C’est presque l’antithèse de la première loi sur le tourisme proposée par le conseiller d’Etat Jean-Michel Cina, et refusée par le peuple par 75% des voix en 2009. Un texte ambitieux, qui proposait diverses taxes pour financer la promotion de neuf grandes régions touristiques du Valais. Parmi elles, une taxe sur les résidences secondaires qui avait mis le feu aux poudres.

«Aujourd’hui, certaines communes aimeraient que je règle leur problème de taxes sur les résidences secondaires», note Jean-Michel Cina. Ces dernières, encore au stade de projets, provoquent des conflits importants avec les propriétaires de chalets. «Mais, quand je le fais, je suis seul devant la population. Alors, que chacun se débrouille», lâche-t-il.

Changement de cap

Après le refus de sa première loi, Jean-Michel Cina a empoigné le problème du tourisme autrement. Il a fait accepter l’existence et le financement d’une société cantonale de promotion et d’un observatoire du tourisme par le parlement, en les séparant de son projet initial. Il a modifié la loi sur les droits de mutation de manière à permettre la taxation des transactions immobilières. «Cet outil était destiné aux communes touristiques, mais depuis son introduction en janvier 2013, six communes, dont des communes de plaine, ont décidé de le mettre en œuvre», explique-t-il.

Quant à la taxe sur les résidences secondaires, elle a été rendue possible par une modification fédérale de la loi sur l’aménagement du territoire. Finalement, la nouvelle mouture de la loi sur le tourisme renonce à penser le Valais dans son ensemble. «Chaque commune s’organise comme elle le souhaite. Si elle ne veut rien changer, personne ne la contraindra», résume Luc Fellay, président d’un groupe de travail sur le financement de la promotion touristique, mis sur pied après le refus de la première loi.

Le texte permet aux communes qui le souhaitent de constituer une société anonyme pour gérer leur développement touristique. Jusqu’à aujourd’hui, seule la forme juridique de la société de développement était possible. «En revanche, si une commune souhaite modifier son organisation, elle a l’obligation d’adopter le modèle de la société anonyme afin de professionnaliser ses structures touristiques», explique Jean-Michel Cina. La décision de déléguer la gestion touristique à une société anonyme est soumise à l’homologation des autorités cantonales, qui demandent que la commune présente une vision stratégique. Enfin, le texte rend plus flexible les montants des taxes de séjour et d’hébergement.