C'est par des températures au-dessous de zéro que Jean-Claude Mermoud a battu ces trois derniers jours la campagne bosniaque. «Il a vu les conditions d'un retour ici, avec des maisons qui ne sont pas toutes reconstruites, le froid, la neige, les mauvaises routes», résume Régina Boucault, cheffe de mission de l'Organisation internationale des migrations (OIM), qui a rencontré l'élu UDC à Sarajevo.

Le conseiller d'Etat vaudois était à la tête d'une délégation comprenant notamment le chef du Service cantonal de la population, Henri Rothen, son adjoint et responsable de la division asile, Erich Dürst, ainsi que Thierry Charbonney, en charge de l'aide au retour pour la Fondation d'aide aux réfugiés (Fareas). Le groupe s'est en particulier rendu dans la vallée de la Drina, à Srebrenica, Bratunac et Sebiocina. Une région qu'il faut, dans les conditions actuelles, quatre à six heures pour gagner en voiture depuis Sarajevo. «Je ne dirais pas qu'elle est particulièrement difficile, toutes les régions de Bosnie le sont, avec énormément de chômage», explique Régina Boucault.

Communication minimale

En Suisse, des voix s'étaient élevées contre tout renvoi en Bosnie entre les mois de septembre et de mars, estimant les conditions climatiques locales trop difficiles. Les expérimenter a-t-il ébranlé un politicien qui s'est distingué par la fermeté de son langage depuis qu'il a pris en charge le dossier du renvoi des requérants vaudois déboutés? La cheffe de mission ne s'engage pas sur ce terrain. «Notre entretien a porté sur la situation des retours de façon très générale», se contente-t-elle d'indiquer. En Bosnie, l'OIM gère le programme fédéral pour l'aide aux catégories particulièrement vulnérables de réfugiés.

Lundi, alors que le conseiller d'Etat était sur le chemin du retour, son service de presse se refusait toujours à donner le moindre détail sur son périple. Selon le bref communiqué publié la veille de son départ (LT du 19.11.04), c'est bien les conditions de retour en Bosnie qui intéressaient au premier chef Jean-Claude Mermoud. «Il ne s'agissait pas de rencontrer des officiels, mais des gens qui sont repartis d'autres cantons, d'évaluer les problèmes et les opportunités qui existent», dit Simon Juncker, chargé des programmes pour la Bosnie à la Direction du développement et de la coopération (DDC). Sur place, les Vaudois ont encore eu des rencontres avec Rudolf Schoch, chef suppléant du bureau de la DDC, avec le HCR, et avec le coordinateur de l'entraide protestante Armin Rieser. Des contacts très semblables à ceux du conseiller d'Etat neuchâtelois Bernard Soguel, revenu perplexe la semaine dernière d'un voyage similaire.