«La priorité du gouvernement valaisan n'est en tout cas pas de favoriser les contribuables aisés, voire très aisés.» Le chef dudit gouvernement, Jean-Jacques Rey-Bellet, accompagné de ses collègues Wilhelm Schnyder et Thomas Burgener, rappelait hier la position du Conseil d'Etat, opposé unanimement, farouchement et sans surprise au paquet fiscal.

Avec un leitmotiv, seriné en Valais comme ailleurs: le cadeau profiterait essentiellement aux plus riches – 70% des contribuables, dans le cas du Vieux Pays, n'en tireraient par exemple aucun bénéfice. Et pour s'assurer que le message est bien passé, les ministres valaisans ont eu recours à une argumentation originale: «Je viens de faire le test avec ma déclaration, sur le site ouvert à cet effet par la Confédération, et je peux vous dire que les allégements dont je bénéficierais personnellement ne se limitent pas à quelques centaines de francs. Si donc les Valaisans veulent défendre mon intérêt à moi Jean-Jacques Rey-Bellet, qu'ils votent oui, s'ils veulent défendre leurs intérêts à eux, qu'ils votent massivement non.»

Thomas Burgener a enfoncé le clou: «Quand on sait qu'un conseiller d'Etat bénéficierait d'allégements fiscaux 22 fois plus élevés que quelqu'un gagnant trois fois moins, tout est dit.» Wilhelm Schnyder, lui, s'est attaché à montrer que le paquet fiscal prétériterait fortement les propriétaires endettés de résidences modestes et favoriserait les propriétaires non endettés de résidences luxueuses, «des châteaux par exemple, comme celui que possède un conseiller fédéral.»

Pour le Valais, le calcul est vite fait: le paquet fiscal induirait une diminution de recettes de l'ordre 132 millions(47 pour les communes, 85 pour le canton). «Mais ce n'est pas la raison principale de notre opposition, assure Jean-Jacques Rey-Bellet. Nous ne sommes pas contre des diminutions de recettes fiscales, nous sommes contre des diminutions aussi mal ciblées».