Serrer des mains, essayer de convaincre les sceptiques, essuyer des refus cassants. En période électorale, c’est le lot des candidats. Si chacun d’entre eux partage une ambition politique, ils ne sont pas tous égaux lorsqu’il s’agit de se mettre en avant. Pour Mireille Tissot-Daguette, prétendante vert’libérale au Conseil national et au Conseil des Etats, cela demande un certain effort.

De l’ombre à la lumière

«Aborder des gens dans la rue c’est toujours un peu difficile, rigole la mathématicienne. Se vendre soi-même n’est pas forcément instinctif pour moi. C’est plus naturel pour ceux qui aiment se mettre en avant, qui aiment se montrer.» Présente sur de larges affiches, la Neuchâteloise a dû s’habituer à s’admirer en grand. «J’ai choisi les photos avec mon mari, dit-elle. Je suis plutôt contente du choix. Mais c’est toujours surprenant de voir sa tête partout. On finit par s’habituer.»

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Outre la difficulté de s’exposer, attirer l’attention peut susciter des effets adverses. «Le pire c’est sur Facebook, dit-elle. Le plus souvent, ce sont des attaques gratuites qui ne valent même pas la peine d’être relevées. Mais quand même. Ça ne fait pas toujours plaisir.» Sur une liste jeune, la Vert’libérale n’a de plus que peu de chances de s’asseoir sur un fauteuil fédéral à la prochaine législature. Comment garder la motivation?

«Il peut y avoir des doutes bien sûr. On se demande pourquoi on fait ça. Mais pour moi ce n’est pas si difficile de faire campagne en sachant que j’ai peu de chances de gagner. Les Vert’libéraux sont un jeune parti encore méconnu. Le but est de changer cela, pour que le parti neuchâtelois décroche un premier siège au parlement.»

La tactique politique en embuscade

Valeureuse soldate du parti, Mireille Tissot-Daguette ne sort pas non plus de sa zone de confort de manière complètement désintéressée. Elue communale à Peseux, sa circonscription devrait bientôt faire partie du Grand Neuchâtel, qui réunira sa commune avec celles de Neuchâtel, Corcelles-Cormondrèche et Valangin. L’ensemble formera la troisième plus grande agglomération de Suisse romande.

«A côté des élections fédérales, cette campagne me met en avant pour cette échéance, indique-t-elle. Il faut que je me fasse connaître au sein d’un territoire plus large.» Pas question de faire de la figuration, souligne-t-elle, «j’essaie d’être première de ma liste». D’autant qu’elle investira «environ 2000 francs de sa poche» pour sa promotion d’ici au 20 octobre. Timide, certes, mais également stratège.