Conseil fédéral

Mission difficile: succéder à Doris Leuthard

Le PDC empoigne la délicate question de la relève de la populaire conseillère fédérale. Son ticket comprendra une femme, et pas le président, Gerhard Pfister

Au lendemain de l’annonce du départ de Doris Leuthard, pas moins de 40 journalistes étaient présents à la conférence de presse du PDC sur sa succession. «Je voudrais tout d’abord vous remercier pour les mots d’éloge sincère des médias suisses», a commenté en ouverture Filippo Lombardi, chef du groupe PDC sous la Coupole. Comme tout le monde, le Tessinois est conscient qu’il sera difficile de trouver un profil aussi complet que celui de la conseillère fédérale sortante pour lui succéder. Mais il faut bien essayer.

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«Il y aura une femme»

«Dans une première phase, d’ici au 25 octobre, les sections cantonales sont invitées à nous soumettre leurs candidatures, a expliqué Gerhard Pfister, le président du PDC. Elles seront ensuite examinées par une commission de sélection présidée par moi-même et par Filippo Lombardi et composée de cinq autres parlementaires alémaniques et romands.» Celle-ci sera épaulée par un comité de personnalités «qui ne sont pas actives politiquement», dirigé par deux juristes. «Si ce dernier trouve quelque chose qui barre le passage à une candidature, il en informera le parti sans donner de détails sur la nature du problème. Cela pour que la personne en question puisse se retirer sans que l’information devienne publique.» Une fois la – ou les – perle(s) rare(s) trouvée(s), le groupe parlementaire PDC présentera son ticket le 16 novembre.

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Une chose est sûre, «il y aura une femme», a annoncé Gerhard Pfister. Quant aux autres qualités requises, le président du PDC est resté relativement flou. «Il ou elle devra avoir les compétences d’un bon conseiller fédéral, a-t-il simplement indiqué. Du leadership, de la collégialité, de l’intégrité et de bonnes capacités en langues. Tout ce qu’a montré Madame Leuthard», a-t-il résumé.

Les termes à l’embauche sont ainsi moins sévères au PDC qu’au PLR, qui, au lendemain de la démission de son ministre Johann Schneider-Ammann, présentait une liste de dix critères à remplir pour porter les couleurs des radicaux au gouvernement. Notamment celui d’avoir une «réputation irréprochable dans la vie politique, professionnelle et privée». Les récents déboires d’un ancien candidat PLR genevois sont manifestement passés par là.

En accord avec mon parti, je me représenterai en décembre prochain.

Ueli Maurer, ministre des Finances

A l’issue d’une semaine riche en démissions gouvernementales, le ministre des Finances, Ueli Maurer, s’exprimait lors du traditionnel point presse hebdomadaire du gouvernement. L’UDC zurichois, dont le troisième mandat arrive à échéance fin 2019, y a annoncé: «En accord avec mon parti, je me représenterai en décembre prochain. Je considère donc que cette question est réglée pour les prochaines années et n’ai pas envie d’en discuter.» S’il passe des paroles aux actes, Ueli Maurer pourrait siéger au gouvernement jusqu’à 73 ans.

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