Justice

La mission très spéciale de Paulo, agent infiltré à Champ-Dollon

Le procès en appel d’un employé de voirie, accusé d’avoir assassiné sa voisine, s’ouvre lundi à Genève. Plongée dans les détails de ce dossier hallucinant sur lequel planent l’ombre et les méthodes de l’agent 55. Cette investigation secrète d’une intensité inédite sera à nouveau querellée à l’ouverture des débats

Il faut essayer d’imaginer la scène qui se déroule le 15 mars 2017 au Ministère public genevois. José, de son prénom fictif, prévenu particulièrement coriace, fortement soupçonné d’avoir éliminé sa voisine pour faire main basse sur ses économies, s’apprête à nier – comme il le fait avec aplomb depuis deux longues années – toute implication dans la disparition de la retraitée. Pour cet employé de voirie, qui se croyait très rusé et qui s’est fait avoir par un agent infiltré envoyé en mission carcérale, cette audience d’instruction réserve de sacrées surprises.

José comprend tout d’abord que le procureur Endri Gega a mis la main sur le plan qu’il avait gribouillé en prison pour permettre à un complice de localiser les restes de sa victime. Le magistrat l’informe alors que des ossements humains, sans doute ceux de la septuagénaire, ont été retrouvés à l’endroit indiqué sur cette feuille. «Ah. Et alors? Je ne suis pas au courant, cela ne me dit rien», tente le prévenu.