«Le feu a pris jusqu'au toit!» C'est avec un sentiment d'urgence que Bertrand Zufferey, secrétaire général des syndicats chrétiens du Valais, rencontrera aujourd'hui la direction et le personnel de l'usine d'aluminium MMG, de Martigny. Une usine qui a annoncé être en situation de surendettement et d'insolvabilité, emportée, selon un effet domino, dans la faillite de la maison mère allemande MMG Metal Management, rendue publique la semaine dernière (LT du 01.03.2007). La justice aura maintenant le choix entre prononcer la faillite ou, si l'entreprise le demande, et si les conditions sont réunies, attribuer un sursis concordataire.

Des clients repreneurs?

Certains, comme Bertrand Zufferey, veulent croire à l'émergence d'autres scenarii, émergence de repreneurs ou création d'une nouvelle société: «L'outil de production est rentable, il y a du travail, il ne manque que les liquidités.» Et de rappeler qu'il n'y a «que cinq fonderies au monde à faire ce que fait MMG» et que les clients de l'entreprise sont des colosses comme Alcan ou Novelis. Le directeur de MMG Martigny, l'Allemand Ralf Lüngen, l'a dit sur les ondes de la RSR: «Ce serait fou d'arrêter maintenant, notre société est prête pour le marché.» Avec, en plus, 20 millions investis récemment.

La rumeur a couru qu'Alcan et Novelis pourraient réengager le personnel qualifié de MMG, qui compte 78 salariés. Une possibilité que Bertrand Zufferey juge très hypothétique: «Novelis va engager, mais pour sa nouvelle fonderie, qui n'est pas encore construite et Alcan, au gré de sa production, engage mais sur dossier uniquement.» Autre hypothèse: Alcan et Novelis, comme clients, seraient intéressés à remettre à flot MMG. A moins que l'entreprise ne renaisse sous un autre nom, la mise en faillite, dans ce cas de figure, n'étant qu'une étape pour éponger les dettes.