Où en est l'état de l'opinion à propos de l'aide aux nouveaux Etats membres de l'UE, ce fameux milliard combattu par un référendum nationaliste? A vrai dire, personne ne le sait vraiment. A moins de deux semaines du scrutin, cela ne manque pas d'inquiéter les partisans de cette aide à la cohésion et de la voie bilatérale.

L'incertitude est telle qu'une forte mobilisation est prévue jusqu'au verdict fatidique du 26 novembre. Mardi, les présidents des trois partis gouvernementaux favorables au projet - Fulvio Pelli pour le PRD, Hans-Jürg Fehr pour le PS et Christophe Darbellay pour le PDC - vont défendre ce milliard lors d'une conférence de presse à laquelle participeront également le président du Parti libéral, Claude Ruey, le vice-président des Verts, Ueli Leuenberger, et le président du Parti évangélique, Ruedi Aeschbacher.

«Etrangement calme»

La manœuvre est orchestrée par le Parti radical. «Nous avions laissé ouverte l'option d'un dernier appel des présidents avant le vote. Nous avons décidé de le lancer afin de montrer l'ampleur de l'alliance de ceux qui soutiennent cette aide», précise son secrétaire général, Guido Schommer.

Pourquoi cette mobilisation de dernière minute? «La campagne est étrangement calme. On ne voit pas les adversaires. Cela a pour effet de ne pas mobiliser les partisans du oui. Nous avons le sentiment que certains sont trop confiants et manquent de motivation. Il faut encore expliquer le risque économique que comporterait un non le 26 novembre», poursuit-il.

L'incertitude vient du manque de données disponibles sur l'état de l'opinion. Le seul véritable sondage publié à ce jour, effectué par l'institut GfS pour le compte de la SSR, remonte au 20 octobre. Il indiquait alors 47% d'avis favorables, contre 38% de non, alors que 15% des personnes interrogées étaient encore indécises.

Apparente stagnation

Plus aucune enquête d'opinion n'a été publiée depuis cette date. La prochaine le sera dans deux jours. Mais, comme elle en a l'habitude, economiesuisse effectue ses propres statistiques, qu'elle ne rend toutefois pas publiques. Or, si l'on en croit la SonntagsZeitung, un échantillonnage prélevé au début du mois de novembre montrerait que les avis favorables ne progressent pas - 46%, contre 47% dans l'enquête GfS/SSR d'octobre - alors que le non aurait grignoté un point, passant à 39%.

Faute d'indications suffisamment précises, il est difficile de comparer les deux sondages. Mais cette apparente stagnation ne manque pas d'interpeller les partisans du oui. Elle explique largement la mobilisation de dernière minute décidée par les chefs des partis.

«Le non est une aventure que nous ne voulons pas tenter. Or, les retours que nous avons des stamms politiques et de nos points d'appui régionaux montrent que la votation n'est pas gagnée. Nous allons donc faire un effort supplémentaire et présenter une argumentation plus concrète», détaille Guido Schommer.

Effort en Suisse romande

L'effort portera sur certaines régions où le oui peut encore gagner du terrain, en particulier la Suisse romande, confie Guido Schommer, ainsi que quelques cantons comme Berne, Soleure, Zurich et l'Argovie.

De son côté, economiesuisse a, selon l'hebdomadaire dominical alémanique, diffusé un courrier électronique invitant ses membres à s'engager avec détermination jusqu'au 26 novembre.