Neuchâtel

La mobilité en Ville de Neuchâtel repensée. Avec pragmatisme

Le chef-lieu promeut la mobilité douce et les transports publics. Sans exclure les voitures ni «faire la révolution». Les points névralgiques de la Place Pury et de la gare seront adaptés

Les transformations urbaines coûteuses imposées par les aménagistes et les politiciens n’ont pas bonne presse en Ville de Neuchâtel. Le cuisant échec en votation populaire de la transformation du carrefour routier Numa-Droz en mars 2013 a généré une autre méthode pour moderniser l’espace public: les ateliers participatifs. Ce fut le cas en 2014 pour relier le centre-ville aux rives du lac – un rapport sera soumis en 2017 avec une plage quatre fois plus grande qu’aujourd’hui –, c’est aussi le processus choisi en 2016 pour repenser la mobilité en ville.

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A six semaines des élections locales pour lesquelles ils sont candidats, les conseillers communaux Christine Gaillard (Les Verts) et Olivier Arni (PS) ont présenté mardi le fruit d’une réflexion largement partagée avec la population durant douze mois (5 ateliers, 150 personnes, 550 propositions), afin de favoriser autant que faire se peut la mobilité douce et les transports publics.

«On ne fait pourtant pas la révolution, affirme Christine Gaillard. La mobilité que nous voulons durable, en lien avec des espaces publics de qualité, reste multiple et diversifiée.» Une formule qui évite de braquer les partisans, encore nombreux, de la voiture en ville. Même si la magistrate déclare que 30% des ménages de sa ville de 33 700 habitants n’ont pas de voiture et 60% des 18-25 ans n'ont aucun permis de conduire.

La mobilité à Neuchâtel a déjà tiré parti du délestage du trafic routier de transit par les tunnels autoroutiers sous la cité. Mais elle reste compliquée parce qu’elle s’appuie sur deux pôles distants d’un bon kilomètre, avec une côte à gravir: la Place Pury au centre-ville où convergent les bus, et la gare ferroviaire sur le plateau du Crêt-Taconnet. Même si certaines ne manquent pas de piquant – comme celle consistant à réaliser un téléphérique entre Place Pury et gare – les propositions discutées et retenues ne préconisent pas de changement radical. Elles visent à «améliorer l’existant», commente Olivier Arni.

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Les grandes options: réduire le trafic automobile et des bus dans la zone piétonne, un test sera réalisé un samedi par mois en 2017. C’est dans le secteur de la gare que les changements prônés sont les plus significatifs. Le passage sous-voie à travers la gare pourrait être allongé pour déboucher directement sur la station de bus. Il faut aujourd’hui franchir des obstacles et traverser une rue encombrée pour monter dans les bus.

L’actuelle passerelle centenaire et désuète pourrait être remplacée par une construction qui franchirait les voies par les airs, avec accès directs aux quais. Neuchâtel entend encore se doter d’une «porte sud» pour sa gare, en face de l’Université, à l’entrée du Fun’ambule, ce mini-funiculaire souterrain de 150 mètres qui relie les rives à l’intérieur de la gare.

Plutôt qu’un concept global avec des interventions urbanistiques lourdes, Neuchâtel privilégie des opérations en apparence modestes, mais ciblées et bien étudiées, mieux acceptées par une population qui a participé à leur élaboration.

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