En Slovénie, on ne se souvient même plus quand sont arrivés les premiers ours. Depuis toujours, ils font partie de la vie quotidienne: il y en a environ 500 aujourd'hui.

Dans le sud du pays, près de Kocevsko, les habitants les voient presque tous les jours. «On est habitué, explique Gregor Bolcina, ingénieur forestier à Llubljana. La vie est adaptée à leur présence: on garde les moutons et on sait comment se comporter en forêt.» En dix ans, une seule personne a été blessée. Typiquement, l'ours est mieux perçu dans les régions où il est bien connu. Au nord du pays, où il a réapparu après cent ans d'absence, la situation est plus tendue. «Les gens ont des peurs irrationnelles, analyse Alenka Koreniak, auteur d'une recherche sur les relations entre l'homme et l'ours en Slovénie. Ils ont développé un style de vie incompatible avec la présence d'animaux sauvages.»

Les attaques de bétail se multiplient et les paysans grognent car les dégâts ne sont pas toujours remboursés. «Tout le monde adore les ours. Mais dès qu'il y a un problème, l'opinion publique bascule et les déteste. Il faut beaucoup d'information et de vrais programmes de compensation pour gérer une bonne cohabitation dans les régions qui ne connaissent plus l'ours.»

E. Ml