«Je voterai pour l'initiative «Oui à l'Europe!». Si notre pays hautement développé ne veut pas se scléroser, il doit se rapprocher de l'Europe le plus vite possible. C'est la raison pour laquelle je ne comprends pas ceux qui disent oui à l'Europe mais refusent l'initiative. Comment vont-ils s'y prendre pour transformer l'éventuel non du 4 mars en un oui pour l'Europe? Ne nous faisons pas d'illusions. Aujourd'hui déjà, nous devons nous conformer à de nombreuses normes en vigueur dans d'autres pays européens. Nous qualifions cette démarche d'alignement autonome – un paradoxe en soi.

» Mais même dans les domaines où nous légiférons seul, nous ne pouvons plus le faire sans tenir compte de l'Europe. Un exemple: plusieurs cantons, parmi lesquels Glaris, ont demandé à la Confédération de créer un code de procédure pénale unifié. Les petits cantons aussi ont constaté qu'il était difficile de mener à bien une poursuite pénale sans réglementation unifiée. Mais les poursuites pénales, aussi bien que la lutte contre la criminalité, doivent aujourd'hui être coordonnées non seulement à l'échelon suisse, mais aussi international. Il faudra donc veiller à ce que le nouveau code suisse de procédure pénale soit eurocompatible.

» Par ailleurs, je ne vois aucun inconvénient à ce que nos premières expériences avec les bilatérales se fassent en même temps que l'ouverture de négociations d'adhésion. Au bout du compte, il ne restera de toute manière que l'entrée dans l'UE. Sur ce point, la Suisse devrait assurément se montrer plus sûre d'elle. Si elle était membre, elle pourrait faire profiter l'Union de ses expériences, notamment lorsqu'il s'agirait de renforcer les composantes démocratique et fédérale à l'intérieur même de l'UE. Il me paraît toujours plus absurde que la Suisse demeure cette petite tête d'épingle sur la carte de l'Europe, en particulier maintenant que l'UE veut rapidement s'élargir à l'Est.

» En tant que Glaronaise, je ne peux cependant que considérer avec nostalgie le fait que, si nous adhérons, notre Landsgemeinde ne survivra probablement pas. Pour nous, ce serait une perte. Mais notre Landsgemeinde n'est pas seulement menacée par une adhésion à l'Union. Il existe aussi à l'intérieur du canton des tentatives pour lui ôter toujours plus de ses compétences au profit de ce qu'on appelle une administration orientée vers l'efficacité.»