«La marque «Watch Valley» est percutante. Complétée par le label Pays de la précision, elle est rassembleuse. Ce concept doit faire réfléchir à l'avenir d'une région encore trop fractionnée et, par conséquent, mal adaptée au développement des potentiels qu'elle recèle.» Lancé par les cinq offices du tourisme et le réseau des vingt villes de l'Arc jurassien (Le Temps du 8 juillet), décrié par une frange de Chaux-de-Fonniers (LT du 14 février), le concept «Watch Valley» a obtenu, jeudi soir à Bienne, l'appui et le bol d'oxygène bienvenus de l'industriel de Moutier Francis Koller, directeur des ventes de l'entreprise Tornos, président de la Chambre d'économie publique du Jura bernois et président du Siams, le salon industriel des microtechniques de l'Arc jurassien.

Pour la première fois, les promoteurs de «Watch Valley», qui ambitionnent de faire de l'Arc jurassien, de la vallée de Joux aux portes de Bâle, une destination touristique mondialement connue en utilisant la notoriété de l'horlogerie, présentaient officiellement leur projet aux acteurs économiques de la région; 200 personnes ont répondu à l'invitation, dont une trentaine de représentants des marques horlogères. L'acte de foi de Francis Koller a contrasté avec l'accueil poli, mais réservé, des entrepreneurs régionaux. Ils venaient à la pêche aux informations, ils en ont reçu. Ils n'ont pas spontanément exprimé d'enthousiasme, ni manifesté de rejet. Appelé à donner la position de la Fédération horlogère, Jean-Daniel Pasche a lui aussi fait montre de prudence et rappelé qu'il n'était pas envisageable d'ouvrir les manufactures horlogères aux cars de touristes. Mais, peut-être, d'entrebâiller la porte d'entreprises consentantes à des visiteurs haut de gamme, triés sur le volet.

Draguant une clientèle d'âge mûr (les plus de 40 ans), «Watch Valley» souhaite utiliser la notoriété et les émotions liées à la montre pour faire connaître le pays qui la produit, et non pas offrir la possibilité à chaque touriste de déambuler entre les ateliers des horlogers. La caution des horlogers est pourtant convoitée. Les quelque 200 marques horlogères de l'Arc jurassien et autant de sous-traitants seront sollicités pour financer la réédition de la Route de l'horlogerie, un dépliant touristique qui met en réseau les musées horlogers de la région, ainsi qu'une carte panoramique de la région «Watch Valley», qui sera tirée à 500 000 exemplaires. Coordinateur du projet, André Rothenbühler ne s'attend pas à un engouement généralisé. S'il obtient l'engagement de vingt ou trente entreprises, prêtes à offrir 10 000 francs, il sera satisfait. Ce sera un premier partenariat, susceptible d'en appeler d'autres.

Si l'appui du monde économique et de la population reste à conquérir, «Watch Valley – le pays de la précision» trouve son assise dans les milieux touristiques: le concept a été bien accueilli lors des cinq foires touristiques suisses dans desquelles il a été présenté depuis le début de l'année. Suisse Tourisme l'a adopté et l'affiche à l'étal des destinations vendues à l'étranger. Encourageant.