Genève

Monica Bonfanti: «Dans le domaine de la prostitution, les policiers contrôlent les mêmes personnes et créent forcément des liens»

L’arrestation d’un entrepreneur du sexe a ravivé la problématique d’une trop grande proximité entre agents et acteurs du monde de la nuit. Monica Bonfanti, la commandante de la police genevoise, explique les mesures prises pour limiter les risques

L’image de la police genevoise en a encore pris un sérieux coup. L’arrestation du patron d’un «sex center» des Pâquis très peu regardant avec le fisc, dont le téléphone portable a révélé nombre de contacts avec des agents de la force publique, a fait émerger toute sorte de soupçons et ravivé la légende des ripoux. Depuis le mois d’avril, l’Inspection générale des services (IGS) – la police des polices – enquête dans le plus grand secret sur ces liens. S’il est trop tôt pour cerner l’ampleur ou la nature des possibles dérapages, cette affaire rappelle les risques inhérents au travail de la Brigade de lutte contre la traite d’être humains et la prostitution illicite (BTPI). Que fait la hiérarchie pour limiter une proximité déplacée avec les acteurs du monde de la nuit? Les réponses de la commandante de la police, Monica Bonfanti.

Le Temps: On évoque un dossier qui impliquerait un nombre important de policiers. C’est une situation inédite qui doit vous inquiéter, non?