Le Parti socialiste (PS) ne compte pas laisser passer l'affaire, qui met le doigt sur les lacunes du système actuel: «Soit il y a une réglementation purement formelle et cela s'appelle de l'hypocrisie, soit il faut l'appliquer strictement», s'insurge le conseiller national vaudois Pierre Chiffelle, qui se dit choqué de ce que Peter Hess n'ait pas renoncé à la présidence de la Chambre basse: «Ainsi, il se serait appliqué les sanctions prévues par la loi, soit la sanction politique.» A l'entendre, le problème va bien au-delà des accusations portées contre BATI: «Il s'agit ni plus ni moins de lutter contre cette réalité que constitue le lobbying au parlement.»

Transparence, telle est la réponse que le PS réitère à l'envi. «Il faut que l'on puisse savoir qui gagne quoi et où», résume la vice-présidente Christine Goll (ZH). Le bureau du parti devrait se pencher prochainement sur la question afin d'élaborer des mesures en ce sens. Pour Pierre Chiffelle, on pourrait par exemple interdire de siéger dans des commissions durant un an.»

«Monsieur Hess, ayez le courage de démissionner!» Familier des coups de sang, le médecin genevois – aussi membre du PS – Jean-Charles Rielle, n'y va pas par quatre chemins. Dans une lettre ouverte diffusée mardi, il accable Peter Hess, ce «premier de nos citoyens» qui n'a pas hésité à se «lier financièrement à des sociétés qui mettent en vente des produits tuant plus de 8000 personnes chaque année». Le président du Conseil national doit donc «avoir le courage de démissionner et faire un acte courageux» en révélant les mandats qui l'empêchent «d'être un homme totalement libre». Le Genevois se réfère à une récente

étude de l'Organisation mondiale de la santé (Le Temps du 11 janvier), qui mettait en lumière certaines pratiques de lobbying de l'industrie du tabac auprès des milieux politiques, dans l'économie ou les médias.

Ruth Dreifuss: un programme prévu pour ce printemps

Membre de la Commission fédérale d'experts pour la prévention du tabagisme, Jean-Charles Rielle s'en est aussi pris à la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, en lui demandant une hausse massive des moyens alloués à la prévention. Dans une réponse datée du 1er février, que le médecin à révélée au Temps, la cheffe de l'Intérieur annonce que «le nouveau programme de prévention du tabagisme sera présenté au Conseil fédéral dans le courant du printemps 2001».

Cette série de mesure vise notamment à limiter drastiquement la publicité pour le tabac, circonscrite aux seuls lieux de vente. S'agissant de la présentation du projet au sein du gouvernement, Ruth Dreifuss estime que «nous ne sommes pas sûrs que cette démarche sera couronnée de succès, mais nous souhaitons l'essayer». Elle ajoute qu'un «projet de financement pour la création d'un fonds spécifique pour la prévention du tabac est à l'étude».