La nouvelle convention tarifaire 2001, prévoyant de substantielles augmentations pour les établissements hospitaliers valaisans, a attiré l'attention de la Surveillance des prix à Berne. Celle-ci demande que, d'ici à la fin mars, le Département valaisan de la santé et des affaires sociales lui fasse parvenir la comptabilité analytique et les rapports de gestion des établissements de soins aigus, chroniques, psychiatriques et psychogériatriques pour 1999 et 2000. La convention prévoit une augmentation des tarifs de l'ordre de 12 à 13 millions pour l'ensemble des cas stationnaires dans le canton.

Le chef du département, Thomas Burgener, précise que cette demande relève d'une procédure usuelle prévue par la LAMal et déjà appliquée dans d'autres cantons: «En conséquence, les établissements devront montrer davantage de transparence», se réjouit-il. Il ne cache pas non plus que cette évaluation pourrait faire avancer la difficile restructuration du réseau hospitalier valaisan, qui dure maintenant depuis plus de trois ans et qui bute sur des réflexes régionalistes.

Le directeur de l'hôpital de Martigny, Pierre Ançay, se montre toutefois un peu surpris de cette requête fédérale: «La conférence des assureurs maladie suisses (CAMS) a donné son accord aux nouveaux tarifs. Si l'on regarde l'évolution des coûts hospitaliers de ces dernières années, il faut constater qu'en Valais elle n'est de loin pas exagérée. Cette demande va nous demander du travail supplémentaire, d'autant que l'Inspectorat des finances passe déjà dans tous les hôpitaux pour analyser la comptabilité.»

Le blocage provisoire de la convention tarifaire 2001, qui impose d'en rester aux tarifs 2000, complique singulièrement la tenue du budget pour les établissements. La procédure d'analyse de la Surveillance des prix peut durer un ou deux mois, et son préavis ne devrait pas tomber avant juillet. Thomas Burgener précise toutefois que cette mesure ne touchera pas l'augmentation des salaires négociée entre les syndicats et le Groupement des établissements hospitaliers valaisans (Gheval), et pour laquelle le Grand Conseil valaisan s'est fendu d'une rallonge de 5 millions de francs.