L’année 2012 aura été une année record en termes de contestations de prix émanant du public, a indiqué le surveillant des prix de la Confédération, Stefan Meierhans, lors de sa conférence annuelle vendredi. 20% des 2796 contestations de prix émanant du public reçues par les services de Surveillance des prix (SPR) du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche concernaient les tarifs de La Poste. Suite à l’échec des négociations avec le géant jaune sur les prix du courrier et des paquets, une procédure formelle contre La Poste a été ouverte il y a dix jours, a rappelé Stefan Meierhans, son analyse menée sur l’état des bénéfices et des coûts ayant révélé «un potentiel inexploité en matière de baisse de prix». Autre cible de la grogne populaire, le prix des télécommunications, soit 13,5% des réclamations. Enfin, a souligné Monsieur Prix, de très nombreuses contestations concernaient les prix dans le domaine de la santé et les tarifs des transports publics.

La santé en ligne de mire

Justement, Monsieur Prix a indiqué avoir voué une attention soutenue au nouveau financement des hôpitaux entré en vigueur au début de 2012 et au nouveau modèle national de calcul des prestations hospitalières stationnaires SwissDRG (forfaits par cas). Une soixantaine de recommandations au sujet des valeurs de base (baserates) ont été rédigées à l’intention des cantons concernés, recommandations «nettement inférieures aux tarifs convenus par les partenaires tarifaires», avec des écarts de plusieurs centaines de millions de francs.

Le surveillant des prix s’est également mobilisé pour une application de la comparaison avec l’étranger et une adaptation conséquente aux variations du cours du change en ce qui concerne le prix des médicaments. Il propose ainsi qu’à partir de 2015 un montant fixe soit introduit pour les médicaments dont le brevet a expiré et les médicaments brevetés sans innovation. Les fabricants seraient libres de fixer leurs tarifs, mais les patients ne seraient remboursés que jusqu’à concurrence du montant fixe.

2013 : haro aux facteurs de renchérissement des coûts

Cette année, a enfin déclaré Monsieur Prix, l’accent sera mis sur la lutte contre les grands facteurs de renchérissement des coûts et l’amélioration des conditions régissant le cadre économique et réglementaire. Il tire un bilan prudemment positif sur la répercussion des gains de change, rappelant que la Suisse reste un îlot de cherté. «A côté des mesures visant à supprimer le cloisonnement du marché en levant de manière systématique les entraves au commerce existantes et en évitant d’en créer de nouvelles, des réformes du marché intérieur, comme renforcer la loi sur les cartels, ouvrir le marché agricole protégé, sont inévitables.»