alpinisme

«La montagne aimée»

Jean-Philippe Rapp, journaliste évoque Erhard Loretan

« Erhard Loretan était humble, plutôt solitaire et d’une force incroyable, physique mais aussi intérieure. Dans Zig Zag Café, je l’avais mis face au philosophe Alexandre Jollien, qui venait de publier Eloge de la faiblesse, et ce fut un moment merveilleux. A la fin, parlant du handicap de Jollien, Loretan lui a dit: «Votre Everest est plus élevé que le mien…» Trois semaines plus tard, l’alpiniste a invité le philosophe à grimper dans les Gastlosen. Jollien en était tellement ému. C’était incroyable. Dans ce geste altruiste, il y a toute la générosité de Loretan. Je l’ai aussi entendu parler de la montagne comme d’une femme, une épouse, un personnage aimé. Il fallait savoir lui parler, être attentif à son allure, la respecter en toutes circonstances. Il avait cet attachement humain à la montagne qui était merveilleux. Loretan était touchant, comme quand il racontait sa relation à sa mère, qu’il adorait. Après le départ de son père, quand le couple a divorcé, alors qu’il était encore un enfant, il promettait à sa mère de devenir fort et puissant afin d’épater un jour papa... Sa sincérité était désarmante.»

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