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hommes et femmes de la montagne (2)

Des montagnes aux pôles, l’horizon s’élargit

L’industriel Frederik Paulsen a racheté les Editions Guérin pour créer un pôle d’édition dédié à l’aventure et à l’exploration

Des montagnes aux pôles, l’horizon s’élargit

En 2006, Michel Guérin édite Au pays de la mort blanche, incroyable récit de survie d’un marin russe qui s’était engagé dans une expédition destinée à franchir le passage du Nord-Est, une voie maritime reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en longeant la côte nord de la Sibérie. La préface est signée par Christian de Marliave, vingt-cinq ans d’expéditions polaires à son actif et la réputation d’être un des plus grands historiens de l’Arctique et de l’Antarctique.

Michel et Christian ont étudié ensemble, ils sont liés par une longue amitié. Ils se sont encore rapprochés quand le second est devenu directeur scientifique des Editions Paulsen, du nom de leur fondateur, Frederik Paulsen, le patron du groupe Ferring établi à Saint-Prex au bord du Léman. Christian fera naturellement le pont entre l’éditeur et l’industriel.

Un patrimoine à transmettre

Frederik Paulsen, milliardaire discret aux origines suédoises et frisonnes, n’a pas seulement développé un empire à partir de l’entreprise pharmaceutique familiale. Son amour du grand froid et sa curiosité insatiable l’ont amené à se passionner pour la Russie et les terres polaires. Explorateur, il est devenu en 2013 le premier homme à avoir atteint les huit pôles de la terre. Sa plongée à 4261 mètres sous les eaux de l’océan Arctique et sa traversée du détroit de Behring en ULM ont frappé les esprits.

Des sociétés en mains du Suédois, les Editions Paulsen, nées en 2004, est la seule qui porte son patronyme. Symbole parlant. «Frederik Paulsen accorde une grande importance à la transmission, assure Christian de Marliave. Les récits polaires constituent un patrimoine universel qu’il souhaite léguer à la postérité.»

L’industriel a été d’emblée impressionné par le succès de l’éditeur chamoniard qui a réussi, tant bien que mal, à faire vivre une famille de son travail d’artisan du livre. En 2006, il apporte un premier soutien aux Editions Guérin en achetant 10% du capital à un moment délicat de leur histoire. Après le décès de son mari, Marie-Christine Guérin trouve un terrain d’entente avec Frederik Paulsen. Il reprend en 2013 la totalité du capital de Guérin. Dans ce rachat, il apporte des moyens et une stratégie ambitieuse.

Des synergies et un élan

Chaque éditeur subsiste avec son nom, son identité, son univers cohérent – la montagne pour Guérin, les pôles pour Paulsen. Mais une structure unique chapeautant les deux maisons d’édition est mise en place pour leur donner un élan. Des synergies sont activées – une plateforme unique de production, une rationalisation des activités de promotion, de vente, de logistique et de distribution. Des développements internationaux, vers les mondes anglophones, germanophones et russes, sont à l’étude.

Christophe Raylat, qui fut rédacteur en chef de Montagnes Magazine, est le nouveau directeur opérationnel du groupe, à Chamonix. Il se voit comme «un couteau suisse», bon à tout faire à la tête d’une petite structure qui conserve sa vocation artisanale. C’est lui qui a la vision d’ensemble et le contact direct avec l’actionnaire, représenté par le journaliste Eric Hoesli, spécialiste de la Russie et qui fut le premier directeur-rédacteur en chef du Temps.

Les objectifs sont ambitieux: publier davantage de livres – 20 par année entre Guérin et Paulsen; soigner le public cible fidèle; élargir l’audience des deux éditeurs en invitant des auteurs vedettes à écrire sur la montagne et les pôles. Erik Orsenna et la navigatrice Isabelle Autissier préparent un livre, profitant de l’expérience et des contacts de Christian de Marliave. Après le coup de maître de Jean-Christophe Rufin, Yann Queffélec et Sylvain Tesson signeront à leur tour deux récits chez Guérin.

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