Le bastion de gauche qui a vu naître des syndics tels que l’ancien conseiller national socialiste Eric Voruz et l’actuelle présidente du Conseil d’Etat vaudois, Nuria Gorrite, Morges, également ville du militant écologiste et Prix Nobel Jacques Dubochet, se réveille bel et bien à droite au lendemain des élections communales.

En misant sur une grande alliance, le centre et la droite ont raflé cinq sièges sur sept, alors que le rapport de force était inversé jusque-là, 5 à 2 pour la gauche. La nouvelle municipalité sera composée de trois PLR, d’une vert’libérale et d’un représentant de l’Entente morgienne. Il ne restera plus que deux socialistes et plus aucun vert. Dans ce nouveau collège, quatre sont des nouveaux venus et le syndic socialiste Vincent Jaques termine dernier. Gouvernée pourtant par la gauche depuis 1994 (hormis une courte parenthèse), la commune de 16 000 habitants tente d’expliquer ce retournement de situation qui a surpris tout le monde, jusque dans les rangs des vainqueurs. Un revirement qui apparaît de façon d’autant plus étonnante que le PLR perd de nombreux sièges dans les exécutifs des autres grandes communes vaudoises. Ainsi, Yverdon, Nyon, Montreux, La Tour-de-Peilz et Vevey deviennent, elles, à majorité de gauche – la dernière éjecte même tous les PLR de son gouvernement.