Les motivations fluctuantes

de Falciani

Il est le personnage central de l’affaire HSBC. Mais Hervé Falciani n’a joué aucun rôle dans SwissLeaks, l’opération qui permet à une cinquantaine de médias d’enquêter sur le contenu des données qu’il a soustraites en 2006-2008.

Celles-ci lui ont échappé il y a des années déjà, en janvier 2009, lorsque la police française a saisi ses ordinateurs à la demande des autorités suisses. Depuis, l’ancien informaticien de la banque mène une drôle de vie, fugitif pour la Suisse qui a tenté de l’arrêter, consultant pour le fisc français, héros de ceux qui voient en lui un «lanceur d’alerte» salutaire.

Sur ses motivations, pourtant, Hervé Falciani n’a cessé de se contredire. Il a d’abord tenté de monnayer les données qu’il avait copiées au Liban. Entendu par la police française en janvier 2009, il dit être allé dans ce pays pour financer un «logiciel de data mining». En 2010, il déclare au Temps avoir voulu donner l’alerte sur… la mauvaise protection des données des clients. Aujourd’hui, il affirme qu’il voulait dénoncer l’opacité bancaire dans un but désintéressé.

Ses actions lui vaudront un procès en Suisse en 2015, pour espionnage économique, soustraction de données, violation du secret commercial et du secret bancaire. Le procès devrait se tenir en son absence, Hervé Falciani, qui vit en France, ayant annoncé qu’il ne reviendrait pas en Suisse.

«La seule fois que j’aurai une reconnaissance officielle, cela viendra de la Suisse, en étant condamné», a-t-il d’ores et déjà déclaré au Monde .