Vaud

Comment motiver la jeunesse vaudoise de se déplacer aux urnes?

Il faut de l’émotion et un travail de vulgarisation pour convaincre les jeunes vaudois de la nécessité de faire usage de leurs droits politiques. L’association easyvote s’engage au front

Et si les jeunes pouvaient dynamiser la campagne électorale vaudoise? C’est le désir d’une vingtaine de bénévoles présents en Suisse romande. Avec la plateforme easyvote, fruit d’un projet de la Fédération Suisse des Parlements de Jeunes, ils veulent sensibiliser la jeunesse pour la politique.

Mais une semaine avant le scrutin, l’électorat vaudois décrit la campagne cantonale comme étant «fade, ennuyante et pas très sexy.» Evidemment, personne n’attend de voir en terres vaudoises un feu d’artifice de mobilisation inspiré de la campagne présidentielle française. Mais après un taux de participation extraordinaire de 60% lors des élections valaisannes et une participation un peu plus dans les marges usuelles suisses de 34% à Neuchâtel, la question de la mobilisation de l’électorat vaudois resurgit.

Une pincée d’émotion

Barry Lopez, porte-parole de easyvote explique: «Notre but à long terme est d’arriver à un taux de participation de 40% au niveau fédéral parmi les jeunes de 18-25 ans.» Ce qui est optimiste, vu le taux de 30% lors des élections fédérales de 2015.

Mais comment y arriver? Avec une pincée d’émotion, répond le Vaudois Lopez: «Il faut rendre vivants les débats, et il faut utiliser des mots qui parlent aux jeunes.» Avec des vidéos et campagnes originales sur le net, easyvote essaie de cartonner auprès de son public cible.

69 communes vaudoises abonnées

Mais la sensibilisation des jeunes électeurs passe surtout par un travail d’information. «Il faut montrer aux jeunes les conséquences des décisions en prenant pour exemple des cas concrets», dit Barry Lopez. Pas moins de 69 communes vaudoises sont abonnées à la brochure d’easyvote. «Nous arrivons ainsi à atteindre plus de 19’300 jeunes vaudois», s’en réjouit celui qui est également l’assistant parlementaire de la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD).

Mais si l’on en croit une étude de l’institut de sondage GFS, réalisée à la demande d’easyvote auprès de 1’477 élèves suisses, les premières sources d’information en matière politique sont les parents et l’école. Les réseaux sociaux n’arrivent qu’en dernière position et bien après la presse. C’est pourquoi les représentants de la plateforme ont décidé de mettre la priorité sur l’école en lançant un nouveau matériel didactique: «easyvote School.» Par cette offre, ils veulent contribuer de manière neutre aux enseignements obligatoires.

La formation de la citoyenneté à l’école

Car la vulgarisation des enjeux démocratiques fait aussi partie des tâches des écoles publiques. Gregory Durand, président de la société pédagogique vaudoise, confirme: «Une méconnaissance du système et des institutions politiques peut devenir un obstacle pour une politisation à l’âge adulte.» Afin de sensibiliser les élèves, des heures sont consacrées à la formation de la citoyenneté. Des événements concrets sont discutés en classe. Le but n’est pas forcément de lancer des débats, mais d’expliquer aux jeunes le fonctionnement des institutions démocratiques suisses. On saura le 30 avril, si ces efforts auront été payants: «Nous espérons avoir une participation de 35% de jeunes vaudois», dit Barry Lopez.

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