Géraldine Marchand-Balet a la mine sombre. A Grimisuat, la présidente et conseillère nationale démocrate-chrétienne est sérieusement malmenée par des dissidents issus de son propre parti. Très critiques envers l’édile et sa gestion, les deux candidats de la formation Grimisuat Autrement entrent au Conseil municipal au détriment du PDC, qui perd sa majorité historique. Vice-président du village, président du parti et chef de campagne de Géraldine Marchand-Balet lors des dernières élections fédérales, Jean-Charles Zimmermann n’est pas réélu.

Pour la présidente, classée troisième avec 350 voix de moins qu’il y a quatre ans, «c’est une grande déception» et «la défaite reflète une campagne difficile et mouvementée». Largement en tête de cette élection, le dissident Raphaël Vuignier lui contestera la présidence le 13 novembre prochain.

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A Bagnes, Gabriel Luisier n’entre pas au Conseil communal

Toutes les dissidences critiques n’obtiennent pas le même succès face aux électeurs. Peut-être trop virulents, le lanceur d’alerte Gabriel Luisier et son mouvement bagnard indépendant échouent à entrer au Conseil communal de Bagnes. L’affaire des constructions illicites de Verbier aura finalement profité au cinéaste Antoine Cretton. Comme à Orsières, Liddes ou Vollèges, Entremont Autrement intègre l’exécutif de la plus riche commune du canton. Sur ses supports numériques, et lors des débats publics, la formation citoyenne de gauche a su incarner le vote contestataire avec mesure et sobriété. Malgré les critiques et la tempête médiatique, le Parti démocrate-chrétien conserve sa majorité, et le président, Eloi Rossier, reste le mieux élu des candidats en lice.

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En place depuis vingt-huit ans et en course pour un huitième mandat, le président de Dorénaz, Daniel Fournier, devra désormais composer avec deux membres de l’opposition au sein d’un exécutif composé de cinq conseillers. Les deux nouveaux élus sont issus de l’association Transparence et Intégrité, fondée par une quarantaine de citoyens en colère. Pollution et constructions illégales: depuis des mois, ils mènent la vie dure au président, qu’ils accusent d’appliquer la loi de manière inégale. Aisément réélu, Daniel Fournier plaide l’apaisement au nom du bien commun. Pour le nouveau conseiller municipal Christian Roduit, «les gens ont réagi aux problèmes du village», et «on a eu ce qu’on voulait». Sa formation entend briguer la vice-présidence.

Les alliances présidentielles survivent aux attaques

A Vex, dans le val d’Hérens, l’alliance formée par le président indépendant, Danny Défago, remporte six des neuf sièges disponibles. Agriculteur et professeur de droit et d’économie, il fait désormais figure de favori à sa propre succession. Dans cette commune de 1800 habitants, le vote de ce dimanche ressemble beaucoup à un plébiscite pour une application rapide de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire (LAT).

Les formations politiques historiques du village ont éclaté en février dernier, quand l’exécutif a choisi de bloquer 80% des zones à bâtir pour deux ans, le temps de dessiner un plan de zones conforme à une LAT particulièrement impopulaire en Valais, où de nombreux terrains constructibles devront être déclassés.

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La formation de Pascal May gagne trois sièges au sein de l’exécutif

Dans la vallée du Trient, plusieurs citoyens du petit village de Finhaut reprochent au président, Pascal May, de dilapider les 33 millions de francs déjà perçus par la commune pour renouveler la concession du barrage de Barberine. Malgré les critiques, la nouvelle formation fondée par l’édile pour la circonstance remporte trois des cinq sièges de l’exécutif, et bénéficiera de la majorité pour la prochaine législature. Controversé, le président réussit un moins bon résultat que ses deux colistiers. «Très satisfait parce que ce n’était pas gagné d’avance», il devrait néanmoins encore une fois briguer la présidence.

Dans le Chablais, le président de Vouvry, Reynold Rinaldi, s’est présenté aux élections en indépendant. Désavoué par son parti après deux mandats, il récolte suffisamment de suffrages pour obtenir quatre sièges à l’exécutif. A Savièse, où l’administration communale a été perquisitionnée en pleine campagne, Michel Dubuis est en difficulté. Menacé par une plainte pénale déposée par des promoteurs immobiliers, le président semble payer le prix des affaires qui ont agité la commune ces dernières semaines. Il est aujourd’hui le moins bien élu de sa liste. Entente des socialistes et des libéraux-radicaux, son parti perd à la fois un siège au profit de l’UDC et sa majorité au conseil communal.


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