Selon le recensement «Mobilité et transports» présenté mardi par les Offices fédéraux de la statistique (OFS) et du développement territorial, les gens consacrent en moyenne 92 minutes par jour à leurs déplacements, temps d’attente y compris. Quelque 63 000 personnes ont participé à cette enquête en 2010.

Avec 34,2 kilomètres quotidiens, les habitants de la Suisse romande couvrent un peu moins de kilomètres que les Alémaniques (38 km).

Les deux tiers des distances, soit 23,8 km, sont effectuées en voiture, contre 8,6 km pour les transports publics et 2,8 km à pied et à vélo. Le nombre de kilomètres en train s’est accru d’environ 27% entre 2005 et 2010, alors que les trajets à pied ou en voiture sont restés stables.

Les loisirs restent le principal motif de déplacement, avec environ 40% des distances journalières. Cette part a reculé de 5 points en cinq ans. Le travail, en deuxième position, a suivi une évolution contraire.

La part des trajets pendulaires s’est légèrement accrue pour atteindre 24% en 2010. Les déplacements pour les achats, la formation (19%) ou les activités professionnelles de service restent stables.

Les hommes accomplissent davantage de déplacements que les femmes et ont davantage recours à la voiture. La distance moyenne la plus longue est le fait des jeunes de 18 à 24 ans, avec près de 50 km en moyenne. Elle recule au fil des ans pour tomber à 13,5 km chez les octogénaires. En revanche, seuls trois jeunes de 18 à 24 ans sur cinq sont en possession du permis de conduire, alors que la proportion dépassait 70% en 1994.

Avoir plus sans payer plus?

Le lieu de domicile constitue un autre facteur de différence en matière de mobilité. Les habitants des centres d’agglomération accomplissent des trajets plus courts et moins souvent en auto. A l’opposé, les personnes résidant dans les zones rurales alignent 41,7 km par jour et recourent plus souvent au transport individuel motorisé. La voiture a plus la cote au Tessin et en Suisse romande que chez les Alémaniques. Cela est lié à une différence de culture en matière de mobilité et de topographie, d’après la directrice de l’Office du développement territorial, Maria Lezzi.

Si l’on additionne tous les trajets effectués par une personne résidant en Suisse au cours d’une année, on arrive à une distance moyenne de 20 500 km. Cela correspond à peu près à un demi-tour du monde. Les voyages et trajets effectués à l’étranger, un tiers environ de la distance totale, sont inclus.

Les sondés ont aussi été interrogés sur des questions de politique des transports. La nette majorité se prononce en faveur d’améliorations des infrastructures routières, des transports publics ou pour les piétons et les cyclistes. En revanche, la plupart rejettent une hausse des frais de stationnement dans les centres, des taxes d’entrée pour les autos dans les villes ou des prix échelonnés dans les transports publics selon les horaires.

On constate un dilemme entre l’amélioration souhaitée de l’infrastructure mais une faible disposition à payer, note Maria Lezzi. Pour elle, il s’agit de faire prendre conscience à la population de la nécessité du mobility pricing, la ­tarification de la mobilité. Côté transports publics, elle suggère d’augmenter les capacités plutôt que la vitesse des déplacements.