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Jacques Pitteloud en 2014, lorsqu'il était ambassadeur de Suisse au Kenya.
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Justice

Le MPC classe la procédure contre l'ancien ambassadeur Jacques Pitteloud

Les actes de l’ancien ambassadeur de Suisse au Kenya, soupçonné de tentative de contrainte dans le cadre d’une médiation avec deux Kényans, ont été jugés «licites» par le procureur spécial Eric Cottier. Un recours au TPF est possible

L’enquête contre l’ancien ambassadeur de Suisse au Kenya Jacques Pitteloud a été classée. Mais l’affaire pourrait être portée devant le Tribunal pénal fédéral (TPF), avait laissé entendre l’avocat de la partie plaignante, Gérald Page, en février dernier.

Le procureur extraordinaire du Ministère public de la Confédération (MPC) Eric Cottier a classé la procédure, a indiqué mardi le Ministère public du canton de Vaud. Jacques Pitteloud, actuellement directeur des ressources humaines au sein du Département des affaires étrangères, est soupçonné de tentative de contrainte dans le cadre d’une médiation avec deux ressortissants kényans.

Poursuivis en Suisse pour blanchiment, ces deux frères affirment avoir été l’objet de pressions de la part du diplomate suisse lorsqu’il était ambassadeur à Nairobi. Il leur aurait proposé d’abandonner les poursuites en Suisse en échange de 50 millions de francs.

Pas d’infraction, selon le procureur

Eric Cottier, nommé procureur extraordinaire par l’Autorité de surveillance du MPC, devait examiner le bien-fondé de ces accusations. Après 16 mois d’instruction, durant lesquels il a auditionné le prévenu, les plaignants et trois témoins et a examiné de nombreux documents, il a abouti à la conclusion que les actes de Jacques Pitteloud étaient licites.

Lire également: L’ambassadeur Pitteloud n’a pas agi en solo

Ils ne «réalisent pas les éléments constitutifs de l’infraction envisagée», écrit le procureur extraordinaire. Il a en conséquence ordonné le classement de la procédure, dont les frais sont laissés à la charge de la Caisse fédérale. Les parties disposent d’un délai de 10 jours pour déposer un recours auprès du TPF. L’avocat des Kényans avait annoncé qu’il envisageait ce scénario.

Premier refus d’entrer en matière en mars 2016

C’est la deuxième fois que le MPC renonce à ouvrir une enquête sur Jacques Pitteloud. Le MPC avait déjà refusé en mars 2016 d’entrer en matière sur une plainte des deux Kényans. Mais la Cour des plaintes du TPF avait accepté leur recours et demandé en juin au parquet fédéral d’éclaircir la question de la tentative de contrainte.

Lire aussi (05.08.2016): Trop «valaisan», l’ambassadeur Pitteloud risque une enquête pénale

Le MPC avait refusé, pour éviter tout risque de partialité, de se prononcer sur les accusations portées contre l’ambassadeur et avait demandé la nomination d’un procureur extraordinaire.

Dans son arrêt, le TPF avait évoqué un échange de SMS qui avait eu lieu en mai 2014 entre le Valaisan et les deux Kényans après que l’ambassadeur avait présenté son «offre». «J’attends toujours, l’horloge tourne, j’en ai peur», avait écrit le diplomate.

Dans la presse kényane, Jacques Pitteloud avait expliqué avoir agi à titre personnel. Il a ensuite précisé avoir suivi des instructions du MPC. Mais ce dernier a affirmé, oralement et par écrit, n’avoir donné aucun mandat ni aucune instruction à l’ambassadeur.

Un personnage haut en couleur

L’ancien agent secret Jacques Pitteloud est un personnage haut en couleur. A l’issue de sa carrière militaire, le Valaisan, alors âgé de 38 ans, est devenu en 2000 le premier coordinateur des services de renseignements de la Confédération.

Après plusieurs pannes de coordination et d’information, les services de renseignements ont été réorganisés et soumis à un état-major de crise. Après avoir quitté son poste, Jacques Pitteloud avait rejoint le Département fédéral des affaires étrangères en 2006.

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