Depuis quelques semaines, les critiques fusent à l’endroit des Eglises, en raison de leur engagement hors norme dans la campagne en faveur de l’initiative pour des multinationales responsables, soumise au vote le 29 novembre. «Les Eglises n’ont pas à se mêler de l’actualité politique!» leur reprochait sans détour la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter dans les colonnes du Matin Dimanche du 18 octobre. De leur côté, les Jeunes libéraux-radicaux des cantons de Berne, d’Argovie, de Saint-Gall et de Thurgovie déposaient le 3 novembre des recours de droit public pour faire «interdire immédiatement» leurs actions, estimant que «la propagande actuelle va certainement au-delà de ce qui est permis». Si ce recours a depuis été balayé dans les cantons de Berne et d’Argovie, la grogne est toujours vivace. Mais que reproche-t-on exactement aux Eglises?

«En s’engageant si radicalement, les faîtières religieuses octroient le monopole du cœur aux seuls initiants», dénonçait Nicole Lamon, rédactrice en cheffe adjointe du Matin Dimanche, dans un éditorial cinglant le 15 novembre. En cette période de crise sanitaire, «les Eglises feraient tellement mieux de se concentrer sur le soutien spirituel», arguait-elle.