En vote le 29 novembre, l’initiative «Pour des multinationales responsables» provoque un vif débat, qui excède le seul champ économique. Nous proposons une série d’articles sur cet enjeu.

Un drapeau orange qui flotte aux balcons. Celui de l’initiative pour des entreprises responsables. Certains sont déjà bien élimés à l’entame de leur troisième hiver. Si les campagnes fédérales durent généralement quelques mois, celle-ci a connu ses prémices il y a cinq ans. Elle est montée en puissance, année après année. Et aujourd’hui, des milliers de bénévoles travaillent à son succès, épaulés par des Eglises, un comité de droite et bon nombre d’entrepreneurs.

Toutefois, la résistance à l’objet de votation est également très forte. Vent debout contre le projet, le Conseil fédéral, les partis bourgeois, Economiesuisse et la plupart des faîtières économiques et associations d’industriels du pays font barrage. Le fossé entre initiants et opposants est profond. Une division qui s’est aussi manifestée au sein de notre rédaction au moment de trancher la position du journal sur cette votation.

Deux rubriques pour un cahier

Pour rédiger un numéro équilibré, la direction du projet a été menée par deux journalistes issus de deux rubriques différentes: la Suisse et l’économie. Main dans la main, les deux rédacteurs ont réfléchi à la meilleure manière de présenter les enjeux complexes sur lesquels le peuple suisse sera appelé à se prononcer le 29 novembre. La responsabilité des entreprises suisses à l’étranger: vaste sujet.

Pour lui rendre justice, dix pleines pages reviennent sur le sujet. Comment l’initiative a-t-elle été lancée? Pourquoi s’y opposer? Qu’en pensent les entrepreneurs? Que dire des labels de qualité? Pourquoi les Eglises suisses s’engagent-elles derrière la proposition – au risque de fâcher certaines de leurs ouailles? Toutes ces interrogations ont été passées au crible pour alimenter les réflexions de nos lecteurs.

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Pour alimenter le débat, pléthore d’articles et d’intervenants: des figures des deux camps s’affrontent, un reportage à l’étranger s’intéresse à l’avis des citoyens qui travaillent pour nos entreprises, des analyses de droite et de gauche s’opposent… et encore bien plus.

Soulignons encore ce petit miracle: à l’instar du reste du journal, ce cahier a été réalisé en pleine deuxième vague de coronavirus par des journalistes, graphistes, éditeurs, correcteurs, photographes et spécialistes de l’iconographie en télétravail, chacun chez soi. Nos remerciements vont à l’internet mondial, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.

Deux textes d’opinion sur l’initiative: