L'image a amusé Zurich. Il y a deux semaines, un samedi, le candidat UDC à l'élection complémentaire municipale, Mauro Tuena, a installé son stand de campagne au pied du Rigiblick, sur les hauteurs de la ville. Or, quelques minutes plus tard, c'est la candidate verte Ruth Genner qui a choisi le même lieu pour la même démarche. Les concurrents ont dû cohabiter quelques heures, serrer des mains côte à côte sans s'engager dans une discussion virulente.

Hormis cet épisode plutôt cocasse, les préparatifs et les débats sont restés ternes à l'aube de l'élection de dimanche. Ce sont plutôt les tactiques des partis qui ont intrigué. En février dernier, la démission de la Verte Monika Stocker, cheffe des Affaires sociales depuis douze ans et très mise à mal les derniers mois par l'UDC et la Weltwoche (LT du 06.02.2008), est une demi-surprise.

Très vite, les Verts manifestent leur ambition de conserver le siège en lançant une candidate connue, l'ex-présidente du parti et actuelle conseillère nationale Ruth Genner.

De son côté, l'UDC affiche aussi rapidement son envie, connue de longue date, d'entrer à l'exécutif de la plus grande ville de Suisse, où elle réunit environ 18% des voix. Elle en est absente depuis 1990. Elle mise pour ce faire sur un jeune poulain, Mauro Tuena, 36 ans, technicien en informatique, élément de l'aile dure, très engagé dans la campagne contre Monika Stocker et la chasse aux abus de l'aide sociale.

L'inconnue radicale

Or, comme l'an dernier lors des élections aux Etats, la droite zurichoise ne se montre pas unie derrière le volontaire UDC. Loin de là. En effet, les radicaux, qui disposent déjà de trois représentants sur neuf à la Municipalité (avec 15% de l'électorat), sortent de leurs tiroirs un jeune, Michael Burkhard, juriste de 28 ans auquel sont aussi promises les voix du centre.

Son principal haut fait de campagne aura été le tollé provoqué par ses affiches au ton rappelant l'UDC: «Sorry, chers contribuables, mais avez-vous envie d'offrir une BMW à chaque bénéficiaire de l'aide sociale? Votez de manière raisonnable», scandaient-elles. Toujours est-il que les radicaux de la Ville, en refusant une alliance, confirment qu'ils ont pris leurs distances avec l'UDC. Contrairement à ceux du canton, partagés sur ce sujet.

A l'aube du scrutin, les chances d'un deuxième tour le 6 juillet sont élevées. La candidate écologiste pourra compter sur le soutien des siens (environ 10%) et du PS, premier parti de la Ville (avec trois municipaux) mais pas toujours disposé à se mobiliser.

Un quatrième candidat est en lice, sans espoir, le démocrate suisse Markus Alder. Une chose est sûre: même s'il est choisi, l'UDC Mauro Tuena risque de ne pouvoir satisfaire son vœu d'ordre dans les Affaires sociales. En avril dernier, l'élu socialiste Martin Waser a manifesté son intérêt pour le département laissé vacant par Monika Stocker.