Mauvaise nouvelle pour les défenseurs du projet de rénovation et d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH). A trois semaines d’un scrutin qui s’annonce très serré devant le peuple, le camp du oui au projet de Jean Nouvel perd un soutien de poids: le promoteur, collectionneur et mécène valaisan Léonard Gianadda quitte le Cercle de soutien MAH +, a révélé mercredi la télévision locale Léman Bleu.

«Nous avons effectivement été informés par Léonard Gianadda qu’il souhaitait ne plus apparaître publiquement comme étant en faveur du projet, regrette la coprésidente du Cercle de soutien, Charlotte de Senarclens. Mais je souligne qu’il ne rejoint pas le camp du non: il souhaite simplement ne plus apparaître dans ce dossier, ni d’un côté ni de l’autre».

Dans un communiqué diffusé jeudi en réponses à nos questions, Léonard Gianadda se montre peu disert quant aux raisons qui l’ont poussé à prendre ses distances. «Comme les deux camps regroupent des amis, j’ai décidé de ne pas prendre position et de ne plus communiquer sur ce sujet», se contente-t-il d’expliquer. Le Valaisan avait rejoint le Cercle de soutien MAH +, fort de quelques 2000 membres, dès sa création en février 2014.

«On peut imaginer qu’il a subi des pressions pour décider d’exercer désormais une sorte de devoir de réserve», avance Charlotte de Senarclens. Et la Genevoise de préciser sa pensée: «Léonard Gianadda explique aujourd’hui vouloir ménager ses amis dans les deux camps. Dans le camp du non, on peut légitimement se demander qui, de la conseillère municipale Ensemble à Gauche Maria Perez ou du promoteur Thierry Barbier-Mueller, a suffisamment d’influence sur lui pour le pousser à quitter le Cercle… Je regrette qu’en lieu et place d’un débat d’idées, la campagne du non se mue en succession de petites manoeuvres mesquines.»

Interrogé, Thierry Barbier-Mueller assure n’être en rien derrière la décision de Léonard Gianadda: «Je n’ai pas de contact avec lui et je ne lui ai pas parlé. Je ne suis pas non plus son porte-parole, donc je ne peux pas vous dire ce qui l’a motivé. Mais il ne serait pas le premier à avoir accordé son soutien au projet sur la base d’une intention et à le retirer après avoir vu le dossier.»

Deuxième coprésident du Cercle de soutien, Manuel Tornare préfère relativiser la portée de la volte-face du Valaisan: «Je peux aussi vous donner la liste de ceux qui étaient contre le projet et qui le soutiennent aujourd’hui. Ce retrait est un non événement. J’ai beaucoup d’estime pour Léonard Gianadda et son musée de Martigny au niveau du contenu. Mais au niveau du contenant, c’est une autre affaire: c’est une horreur architecturale!»

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