Depuis les bureaux de cette étude d'avocats de la rue Ferdinand-Hodler, on peut voir parfaitement la butte de la place Sturm où le nouveau Musée d'ethnographie de Genève, baptisé aussi Esplanade des mondes, devrait voir le jour dans quelques années. Mais, ici, le projet ne convainc pas. Corinne Teysseire préside l'association fondée le 7 mars pour s'opposer à sa construction et son confrère, François Roulet, en est le secrétaire. Avec quelques autres membres du comité de soutien au référendum contre la construction d'un musée d'ethnographie à la place Sturm, ils ont invité la presse, vendredi après-midi, pour faire part des raisons de leur opposition.

Rappel des faits: le 21 février dernier, le Conseil municipal acceptait des crédits pour un montant de 63 millions de francs afin de construire le projet architectural choisi sur concours en été 1997 et d'y aménager le nouveau musée. Début mars, le PDC et le Parti libéral ont lancé un référendum contre ce projet, pour lequel le comité de soutien a déjà récolté près d'un millier de signatures sur les 4000 nécessaires.

Vendredi, dans les bureaux de la place Sturm, le comité expliquait que la plupart des membres n'étaient pas opposés à un musée d'ethnographie, mais le refusaient sur cette butte de verdure, pour l'instant occupée par des dépôts installés dans d'anciennes classes provisoires en préfabriqué des années 70.

Il s'inquiétait tout à la fois du grand mur de béton qui fera office de façade le long de la rue Ferdinand-Hodler, de l'impossibilité pour les visiteurs motorisés de se garer à proximité, et de l'évolution des voies de circulation dans le quartier. Ainsi, ils ont plus d'une fois dans leur discours taxé le projet d'«antiécologiste» – le nouveau Musée d'ethnographie est le grand projet du maire vert de la Ville, Alain Vaissade – tout en se souciant beaucoup des problèmes des automobilistes. L'un des fondateurs de l'association étant Christian Buonomo, vice-président de la section genevoise de l'ACS.